La confrontation entre les États-Unis et l’Iran prend une nouvelle dimension. Donald Trump a averti que l’armée américaine pourrait cibler les centrales électriques iraniennes, ajoutant une pression supplémentaire sur le régime des ayatollahs dans un conflit qui s’enlise depuis deux semaines. Parallèlement, l’existence d’un complexe nucléaire secret, surnommé « Pickaxe Mountain », alimente les craintes d’une prolifération accélérée.
Une menace publique sur les infrastructures énergétiques
Interrogé par des journalistes à la Maison-Blanche, le locataire du bureau Ovale a déclaré que les opérations américaines « n’en avaient pas fini du tout ». Selon plusieurs sources concordantes, il a spécifiquement évoqué la possibilité de détruire des centrales électriques en Iran, sans donner de calendrier précis. Cette menace intervient alors que les bombardements américains se poursuivent pour la dixième nuit consécutive, et que trois soldats américains ont récemment trouvé la mort dans la région.
Pickaxe Mountain, la cible souterraine
Depuis plusieurs jours, les services de renseignement israéliens estiment que l’Iran a transféré des milliers de centrifugeuses destinées à l’enrichissement d’uranium dans un complexe creusé sous une montagne, à environ 220 kilomètres au sud de Téhéran. Ce site, connu sous le nom de « Pickaxe Mountain », se trouve à proximité de l’installation nucléaire de Natanz. Un responsable iranien, Ali Akbar Salehi, avait déjà évoqué en 2020 la construction d’une « salle plus moderne, plus grande et plus complète (…) au cœur de la montagne près de Natanz », après l’explosion qui avait endommagé un bâtiment du site.
L’Institut pour la science et la sécurité internationale a constaté une intensification des activités autour de Pickaxe Mountain ces quinze derniers jours : trafic de camions, renforcement des tunnels, mise en place d’un périmètre de sécurité. Selon les experts, l’installation serait enfouie à plus d’une centaine de mètres de profondeur, ce qui la rendrait difficile à atteindre par des frappes classiques. David Albright, président du groupe de réflexion sur les questions nucléaires, juge « plausible que l’Iran ait déplacé des centrifugeuses dans les tunnels ».
L’enrichissement de l’uranium à des niveaux très élevés peut fournir la matière nécessaire à la fabrication d’une arme atomique. La perspective d’un tel scénario pousse Washington à considérer Pickaxe Mountain comme une cible prioritaire. Donald Trump lui-même avait affirmé le 13 juillet que les États-Unis « allaient neutraliser Pickaxe Mountain », dans un entretien radiophonique.
L’Iran verrouille le détroit d’Ormuz
Face à l’intensification des frappes américaines, Téhéran a riposté en fermant le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du pétrole brut mondial. Les autorités iraniennes ont déclaré que cette voie maritime resterait fermée « jusqu’à la fin des actes d’agression américains ». Cette décision a provoqué une hausse des cours du pétrole et accentué les tensions économiques déjà vives dans la région.
Un conflit aux multiples fronts
Les frappes américaines se concentrent sur des sites militaires et d’infrastructures, mais la menace nucléaire change la donne. La combinaison d’un programme d’enrichissement souterrain et d’une capacité à entraver le trafic maritime place la communauté internationale face à un possible embrasement généralisé. Aucun signe de désescalade n’est pour l’instant perceptible, chaque camp campant sur ses positions. Les prochains jours diront si la menace présidentielle de frapper les centrales électriques se concrétisera, ou si une négociation de dernière minute peut encore être engagée.