Un rassemblement populaire et solennel

Ce vendredi après-midi, le cimetière du Père-Lachaise, à Paris, a accueilli une foule nombreuse venue assister aux obsèques de Marjane Satrapi, figure majeure de la bande dessinée et du cinéma. L’autrice de Persepolis, décédée à l’âge de 56 ans, a reçu un dernier hommage à la fois sobre et émouvant, en présence de centaines d’anonymes mêlés à des personnalités du monde culturel et politique.

Les portes du cimetière ont été ouvertes au public dès le début de la cérémonie, permettant à chacun de venir saluer la mémoire d’une artiste qui avait marqué son époque par son engagement et son regard acéré sur l’histoire iranienne. Selon des témoins, une atmosphère de recueillement et de reconnaissance régnait dans les allées, ponctuée par des applaudissements et des larmes.

Un parcours hors du commun

Née à Rasht, en Iran, Marjane Satrapi avait fui le régime islamique après la révolution pour s’installer en France. Son autobiographie Persepolis, publiée en quatre volumes entre 2000 et 2003, avait rencontré un succès planétaire, adaptée au cinéma en 2007 en film d’animation. Proche des milieux intellectuels et militants, elle n’avait cessé de défendre la liberté d’expression et les droits des femmes.

Sa disparition a suscité une onde de choc dans le monde de la culture. Plusieurs hommages lui ont été rendus sur les réseaux sociaux, saluant son humour, son courage et sa capacité à raconter les tragédies avec une humanité décapante.

Des personnalités présentes

Parmi les participants, des figures connues du cinéma, de la littérature et de la politique ont été aperçues. Le président de la République, qui avait salué la mémoire de l’artiste plus tôt dans la semaine, n’était pas présent, mais un membre du gouvernement a assisté à la cérémonie pour témoigner de la reconnaissance nationale.

La cérémonie s’est déroulée dans le respect des volontés de la défunte, qui souhaitait des obsèques sobres. L’inhumation a eu lieu dans le caveau familial, au cœur du cimetière parisien où reposent de nombreuses personnalités.

Un héritage durable

Marjane Satrapi laisse derrière elle une œuvre qui continue d’influencer toute une génération d’auteurs et d’autrices. Persepolis est enseignée dans de nombreux établissements scolaires et reste une référence incontournable pour comprendre l’histoire de l’Iran du XXe siècle.

Le public, venu nombreux, a tenu à exprimer sa gratitude. « Elle nous a appris à rire des absurdités du monde tout en restant indignés par les injustices », a confié une participante, émue.

Les hommages se poursuivront dans les prochains jours, avec une exposition consacrée à son œuvre prévue au Musée de la bande dessinée à Angoulême.