Le deuxième baromètre annuel «Starfish», réalisé par Mercator Océan, dresse un constat alarmant de la santé des mers. Publié le 7 juin 2026, alors qu'un forum international consacré à l'exploration et à la protection de l'océan s'ouvre à Paris, le document met en lumière un fossé grandissant entre l'intensification des pressions humaines et les efforts déployés pour préserver le milieu marin.
L'étude indique que la vitesse des changements affectant l'océan s'accélère. Les écosystèmes marins subissent une dégradation rapide, sous l'effet conjugué de multiples facteurs : réchauffement des eaux, acidification, pollution, surexploitation des ressources. Le baromètre pointe que ces évolutions se produisent à un rythme de plus en plus soutenu, dépassant les capacités d'adaptation naturelles de nombreux organismes.
Des avancées insuffisantes
Malgré quelques progrès notables, les mesures de protection restent largement insuffisantes, estiment les auteurs du rapport. Les aires marines protégées se développent, mais leur couverture et, surtout, leur effectivité demeurent limitées face à l'ampleur des menaces. Le baromètre souligne un décalage croissant entre l'urgence de la situation et la portée des actions entreprises aux niveaux national et international.
Ce constat intervient dans un contexte diplomatique particulier. Un forum international dédié à l'océan se tient à Paris le 8 juin, réunissant scientifiques, décideurs politiques et représentants de la société civile. L'objectif affiché est de renforcer la coopération pour mieux connaître et protéger le milieu marin. La publication du baromètre Starfish, à la veille de cette réunion, vise à alerter les participants sur la nécessité d'accélérer le passage à l'action.
Pressions multiples et cumulatives
Le baromètre identifie plusieurs types de pressions qui s'exercent sur l'océan. Le réchauffement climatique reste le principal moteur de déstabilisation, avec une hausse continue de la température des eaux de surface et profondes. L'acidification, causée par l'absorption du dioxyde de carbone atmosphérique, modifie la chimie de l'eau et menace les organismes calcifiants comme les coraux et les mollusques.
La pollution, qu'elle soit d'origine plastique, chimique ou sonore, ajoute une pression supplémentaire. La surexploitation des ressources halieutiques fragilise les chaînes alimentaires. Le rapport note que ces différentes agressions agissent en synergie, amplifiant leurs effets respectifs sur les écosystèmes.
Un appel à l'action
En publiant ce deuxième baromètre, Mercator Océan entend tirer la sonnette d'alarme. L'organisme insiste sur la nécessité de renforcer les dispositifs de surveillance et de protection. Le rapport appelle à une meilleure coordination internationale pour mettre en œuvre les engagements existants et en définir de nouveaux, à la hauteur des défis.
Alors que les discussions s'ouvrent à Paris, les données du baromètre Starfish fournissent une base scientifique pour évaluer l'état de l'océan et orienter les décisions. Le message est clair : sans une action rapide et à grande échelle, la dégradation du milieu marin continuera de s'accélérer, compromettant les services essentiels qu'il rend à l'humanité, de la régulation du climat à la production d'oxygène.