La chanteuse Olivia Rodrigo a exprimé sa colère face aux critiques suscitées par une robe babydoll qu’elle portait lors d’une prestation scénique, dénonçant ce qu’elle considère comme une «normalisation de la pédophilie dans notre culture». L’artiste de 23 ans s’est confiée sur ce sujet lors d’un entretien accordé à un podcast américain.

La polémique est née après son concert donné le 8 mai au Théâtre Grec de Barcelone, dans le cadre des concerts du Spotify Billions Club. Olivia Rodrigo y portait une robe courte et bouffante à motifs floraux, un vêtement qu’elle arbore également sur la pochette de son prochain album. Sur les réseaux sociaux, certains internautes lui ont reproché d’adopter un style jugé «juvénile», l’accusant de mêler une apparence enfantine à une mise en scène sexualisée, allant jusqu’à évoquer la promotion de contenus pédopornographiques.

Une réaction indignée

Dans son intervention, la chanteuse a expliqué que ces commentaires la «mettaient très en colère». Elle a souligné le paradoxe selon lequel des tenues plus dénudées, comme un soutien-gorge scintillant et un short court, n’avaient jamais soulevé de tollé, alors qu’une robe couvrant entièrement son corps mais considérée comme «enfantine» était soudainement jugée «inappropriée».

« Ce qui est vraiment troublant, c’est que j’ai porté des tenues révélatrices sur scène. Je me suis produite avec un soutien-gorge brillant et un short, ce qui est mon droit. C’était amusant, je me sentais bien et à l’aise. Et cela n’était pas considéré comme “inapproprié” – mais le fait que je sois entièrement couverte dans une robe que les gens jugent puérile l’était, a-t-elle déclaré. Je pense que cela montre à quel point nous normalisons la pédophilie dans notre culture. »

Un discours sur la responsabilité

Olivia Rodrigo a également dénoncé le discours social qui place la faute sur les femmes. « C’est aussi cette rhétorique qu’on nous inculque depuis notre plus jeune âge : “Ne porte pas ça parce qu’alors un homme va sexualiser ton corps et ce sera de ta faute.” C’est tellement bizarre », a-t-elle ajouté. Dans des propos rapportés par d’autres médias, elle a lancé : « Je ne devrais pas être tenue responsable qu’un homme me sexualise. »

La chanteuse voit dans la controverse un symptôme d’une culture plus large où les femmes sont jugées en fonction de réactions masculines sur lesquelles elles n’ont aucun contrôle. Elle estime que l’indignation sélective, ciblant une robe couvrante mais à l’esthétique «babydoll», révèle des attitudes sexistes profondément ancrées.

Une tendance vestimentaire sous le feu des critiques

La robe babydoll, popularisée dans les années 1960 et revenue à la mode récemment, suscite régulièrement des débats. Son style, qui rappelle les vêtements pour enfants, est souvent associé à une forme de féminité naïve. Pour Olivia Rodrigo, le fait même que ce style soit sexualisé par certains observateurs prouve un problème systémique.

L’artiste n’a pas annoncé de poursuites ou de menace juridique, mais sa prise de parole a relancé le débat sur la responsabilité des artistes face à la sexualisation de leurs choix vestimentaires. Plusieurs voix se sont élevées sur les réseaux sociaux pour soutenir la chanteuse, estimant que la polémique dépassait le simple fait de mode pour interroger les normes sociales.

Un contexte plus large

Cette intervention s’inscrit dans une série de prises de position d’artistes féminines contre le double standard vestimentaire et la culture du viol. En mettant en avant le concept de «normalisation de la pédophilie», Olivia Rodrigo pousse le débat au-delà de la simple critique de la mode pour pointer ce qu’elle perçoit comme une dérive sociétale. La chanteuse, qui a bâti sa carrière sur des textes introspectifs abordant l’adolescence et les relations toxiques, semble vouloir utiliser sa notoriété pour dénoncer des mécanismes culturels qu’elle juge nocifs.

Aucune réaction officielle des organisateurs du concert ou des marques impliquées n’a été rendue publique à ce stade. La sortie de son prochain album, dont la pochette montre une tenue similaire, pourrait raviver les discussions dans les semaines à venir.