Le paysage politique australien connaît un bouleversement inédit. Pour la première fois depuis sa création par Pauline Hanson, le parti One Nation devance le Parti travailliste au pouvoir dans un sondage d'opinion national, selon les résultats d'une enquête rendue publique dimanche.
Un score historique
Le sondage, réalisé auprès d'électeurs australiens, montre que One Nation recueille 33 % des intentions de vote au niveau national, contre 30 % pour le Parti travailliste et 31 % pour la coalition de centre-droit dirigée par le Parti libéral. Ces chiffres marquent un tournant dans la vie politique australienne, où One Nation n'a jamais atteint un tel niveau de soutien depuis sa fondation. La progression de cette formation politique est notamment alimentée par un mécontentement croissant vis-à-vis des politiques d'immigration et de la gestion économique du gouvernement sortant.
Un contexte électoral tendu
Cette poussée intervient alors que l'Australie se prépare pour des élections fédérales qui pourraient être convoquées dans les prochains mois. Le Parti travailliste, dirigé par le Premier ministre Anthony Albanese, est au pouvoir depuis 2022. La montée de One Nation reflète une fragmentation de l'électorat et une perte de confiance dans les partis traditionnels. Les analystes soulignent que la coalition de centre-droit, bien que légèrement en tête, reste elle aussi sous pression face à la percée de cette formation populiste.
Un programme anti-immigration
Le parti One Nation, connu pour ses positions fermes contre l'immigration et son discours nationaliste, capitalise sur les craintes économiques et identitaires d'une partie de la population. Son programme inclut une réduction drastique du nombre de migrants autorisés à s'installer sur le territoire australien, ainsi que des mesures protectionnistes en matière commerciale. Ces propositions séduisent un électorat qui estime que le gouvernement actuel a trop ouvert les frontières et n'a pas su protéger l'emploi local.
Des implications pour la stabilité politique
La progression de One Nation pourrait compliquer la formation d'une majorité stable après les prochaines élections. Si le parti maintient son avance, il pourrait obtenir un nombre significatif de sièges au Parlement, ce qui l'obligerait à négocier avec les formations plus établies. Les experts estiment que cette situation pourrait conduire à des alliances inédites ou à des accords de coalition, remodelant ainsi le paysage politique australien pour les années à venir. Le gouvernement travailliste, de son côté, tente de recentrer sa campagne sur les questions économiques et sociales pour tenter de contenir l'érosion de son électorat.
Un phénomène qui s'inscrit dans une tendance mondiale
Ce succès de One Nation s'inscrit dans une vague plus large de montée des partis populistes et d'extrême droite observée dans plusieurs démocraties occidentales. Comme ailleurs, cette tendance est alimentée par une défiance envers les élites politiques traditionnelles, la mondialisation et les changements démographiques. En Australie, ce phénomène pourrait être amplifié par des tensions liées à la gestion de la pandémie de Covid-19 et aux conséquences économiques du conflit en Ukraine.
Le prochain rendez-vous électoral s'annonce donc crucial pour déterminer si cette poussée se traduira en sièges ou si elle restera un pic isolé dans les sondages.