Alors que la NASA s’apprête à dévoiler l’équipage d’Artemis III, le vaisseau Orion est au cœur de cette nouvelle étape du programme spatial américain. Ce module d’équipage, développé pour emmener des humains au-delà de l’orbite terrestre basse, constitue l’élément central des missions Artemis, dont l’objectif est de ramener des astronautes à la surface de la Lune d’ici 2028.

Un véhicule conçu pour l’exploration lointaine

L’Orion se présente sous la forme d’une capsule semblable à celles du programme Apollo, mais considérablement modernisée. Il est conçu pour transporter jusqu’à quatre astronautes lors de missions de longue durée dans l’espace lointain. Sa structure comprend un module d’équipage pressurisé, où vivent et travaillent les astronautes, ainsi qu’un module de service européen assurant la propulsion, la régulation thermique et l’approvisionnement en eau et en oxygène.

Lors des missions Artemis, Orion est placé au sommet du Space Launch System (SLS), la mégafusée de la NASA. C’est ce lanceur lourd qui propulse la capsule hors de l’atmosphère terrestre. Une fois dans l’espace, Orion peut manœuvrer de manière autonome ou être piloté par l’équipage pour effectuer des rendez-vous et des amarrages avec d’autres engins spatiaux.

Le rôle d’Orion dans Artemis III

Pour Artemis III, la troisième mission du programme, Orion ne se rendra pas jusqu’à la Lune. Initialement prévue comme la première tentative d’alunissage depuis 1972, la mission a été réorientée en février 2026. Elle servira désormais de vol d’essai destiné à valider la capacité d’Orion à s’arrimer, en orbite terrestre basse, avec un ou deux atterrisseurs lunaires commerciaux.

Selon le plan de mission détaillé par les responsables du programme, le déroulement est le suivant : l’atterrisseur de Blue Origin décollera en premier, puis l’équipage prendra place dans Orion, propulsé par le SLS. Orion et l’atterrisseur s’arrimeront en orbite pour plusieurs jours d’opérations. Après leur désamarrage, le Starship de SpaceX décollera à son tour pour s’arrimer à Orion pendant une journée. La mission durera environ deux semaines et s’achèvera par un amerrissage de la capsule Orion dans l’océan.

Un héritage d’essais et de tests

Cette approche n’est pas sans précédent dans l’histoire spatiale américaine. La mission Apollo 9, en 1969, n’avait pas non plus quitté l’orbite terrestre : elle avait passé dix jours à effectuer des tests avec le module lunaire, qui effectuait alors son premier vol spatial. Comme le soulignait l’un de ses astronautes, cette mission était très importante d’un point de vue technologique, même si elle n’avait pas la gloire des vols qui atteignirent la surface lunaire.

Artemis III s’inscrit dans cette même logique de rodage technique. En validant les manœuvres d’approche et d’accostage en conditions réelles, la NASA prépare le terrain pour les véritables tentatives d’alunissage, prévues lors des missions Artemis IV et V en 2028.

Un avenir sous contrainte

La feuille de route d’Artemis III est toutefois perturbée par l’explosion, le 28 mai 2026, d’une fusée New Glenn de Blue Origin lors d’un essai à Cape Canaveral. Cet incident a endommagé le seul pas de tir disponible pour ce lanceur, ce qui pourrait repousser le calendrier de la mission ou exclure Blue Origin de sa participation. Les réparations pourraient prendre plusieurs mois. L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a indiqué que l’agence fournirait une mise à jour sur sa confiance dans le planning d’Artemis III lors de l’annonce de l’équipage.

En attendant, Orion continue d’être assemblé et testé au centre spatial Kennedy, en Floride, où des techniciens s’activent sur le module d’équipage. Le vaisseau reste la pièce maîtresse d’un programme qui, après plus de cinquante ans d’absence, entend poser à nouveau le pied humain sur la Lune.