Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale du Sénégal, a obtenu un nouveau mandat à la tête de son parti, le Pastef, samedi 6 juin. Le congrès s’est tenu à Diamniadio, dans la banlieue de Dakar, et les résultats ont été proclamés par un texte lu lors de l’assemblée. Cette réélection confirme son maintien à la direction de la formation politique majoritaire au parlement, alors que le pays traverse une crise politique née de la rupture entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.
Un scrutin interne sans surprise
Le vote interne s’est déroulé sans opposition notable, reflétant la position dominante de Sonko au sein du Pastef. Le parti, d’obédience panafricaine, demeure la première force politique de l’hémicycle. La réélection du dirigeant survient quelques jours seulement après son limogeage du poste de Premier ministre, le 22 mai, décidé par le chef de l’État après des mois de tensions croissantes.
Une brouille aux conséquences politiques majeures
Ousmane Sonko, qui avait dû renoncer à se présenter à l’élection présidentielle de 2024 en raison de sa candidature invalidée, avait alors porté Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême. Il avait ensuite été nommé Premier ministre. Mais les relations entre les deux hommes se sont dégradées, aboutissant à un limogeage brutal. En réaction, Sonko a été élu à la présidence de l’Assemblée nationale, renforçant son influence institutionnelle.
Le Pastef, dont Sonko reste le leader, a annoncé qu’il ne participerait pas au nouveau gouvernement formé par le président Faye. Cette décision a accru l’incertitude politique dans un pays lourdement endetté, où les bailleurs de fonds observent avec attention l’évolution de la situation. Le président Faye a récemment déclaré que « la démocratie n’est pas un butin que l’on arrache », une phrase interprétée comme une mise en garde adressée à son ancien allié.
Un parti uni derrière Sonko
Le congrès de Diamniadio a permis à Sonko de démontrer qu’il conserve le contrôle du parti malgré la défaveur présidentielle. Les cadres du Pastef présents ont salué sa « légitimité » et sa « combativité ». La réélection, par un vote massif, consolide son leadership alors que les spéculations sur une possible recomposition politique vont bon train.
Quelles perspectives pour le Sénégal ?
La coexistence entre un président et un chef de parti majoritaire désormais rivaux au sein de l’exécutif et du législatif complique la gouvernance. L’Assemblée nationale, dominée par le Pastef, pourrait devenir un contrepoids actif face aux décisions de l’exécutif. Par ailleurs, la défiance des investisseurs et des partenaires internationaux grandit face à l’absence de visibilité sur la stabilité politique. Les prochains mois seront décisifs pour l’avenir des institutions sénégalaises.