Les autorités chinoises élaborent un vaste plan de financement destiné à doter le pays d’une infrastructure d’intelligence artificielle (IA) à l’échelle nationale. L’enveloppe envisagée atteindrait 295 milliards de dollars (environ 275 milliards d’euros), ce qui constituerait l’un des plus importants efforts budgétaires jamais engagés par un État dans ce domaine technologique.

Ce projet, dont les contours sont encore en cours de définition, viserait à soutenir l’ensemble de la filière, de la recherche fondamentale jusqu’au déploiement d’applications concrètes dans l’industrie et les services publics. Les fonds permettraient notamment de financer la construction de centres de données, l’acquisition de puces spécialisées et le développement de modèles d’IA générative.

Un effort coordonné à l’échelle de l’État

L’initiative s’inscrit dans la stratégie de long terme de Pékin pour faire de la Chine un leader mondial de l’intelligence artificielle d’ici 2030. Le plan serait piloté par plusieurs ministères et organismes publics, en collaboration avec les principaux acteurs technologiques du pays. Il prévoit une combinaison de subventions directes, de prêts à taux préférentiels et de fonds d’investissement dédiés.

Les sources indiquent que ce dispositif pourrait être annoncé dans les prochains mois, sans qu’une date précise soit encore fixée. Il fait suite à d’autres programmes de moindre ampleur lancés ces dernières années dans des villes comme Pékin, Shanghai ou Shenzhen.

Des retombées économiques attendues

L’objectif affiché est de stimuler la croissance économique en accélérant la transformation numérique de l’appareil productif chinois. L’IA est perçue comme un levier clé pour moderniser l’industrie manufacturière, améliorer l’efficacité des services et renforcer la compétitivité du pays face aux États-Unis.

Ce plan intervient dans un contexte de concurrence technologique accrue entre Washington et Pékin, notamment autour des semi-conducteurs et des algorithmes d’apprentissage automatique. La Chine cherche à réduire sa dépendance aux importations de puces avancées et à développer une filière nationale autonome.

Un signal fort pour les marchés

Cette annonce, bien que non officielle, a déjà été accueillie avec intérêt par les investisseurs internationaux. Les valeurs technologiques chinoises cotées à Hong Kong et aux États-Unis ont enregistré des hausses significatives ces derniers jours. Les analystes y voient un signe de la volonté du gouvernement chinois de maintenir un haut niveau d’investissement public dans les technologies de rupture, malgré les tensions commerciales.

Plusieurs entreprises privées du secteur, comme Baidu, Alibaba ou Tencent, devraient être associées à la mise en œuvre du plan. Elles pourraient bénéficier de commandes publiques et de partenariats de recherche.

Des défis de taille

La mise en œuvre d’un tel programme soulève néanmoins des questions. Le financement devra être trouvé sans déséquilibrer les finances publiques, déjà mises à l’épreuve par le ralentissement économique et le secteur immobilier. Par ailleurs, la Chine doit composer avec les restrictions américaines sur l’exportation de technologies de pointe, qui compliquent l’accès aux puces les plus performantes.

Les autorités chinoises n’ont pas encore commenté officiellement ces informations. Les discussions internes se poursuivent pour arrêter les modalités précises du plan.

Un pari sur l’avenir

Si ce projet se concrétise, il marquerait une étape importante dans la course mondiale à l’intelligence artificielle. La Chine, qui dispose déjà d’un vaste écosystème numérique et d’une main-d’œuvre nombreuse d’ingénieurs, pourrait accélérer son avance dans des domaines comme la reconnaissance faciale, les assistants vocaux ou la conduite autonome.

Les prochaines semaines devraient apporter des éclaircissements sur le calendrier et le périmètre exact de ce plan, dont l’ambition est à la mesure des enjeux technologiques et géopolitiques du moment.