La firme américaine Palantir, spécialisée dans l'analyse de données massives, a annoncé son intention de poursuivre le maire de Londres, Sadiq Khan, après que ce dernier a bloqué un contrat estimé à 50 millions de livres sterling avec la Metropolitan Police (Met). Le contrat, qui devait équiper la police londonienne d'un logiciel automatisé d'analyse du renseignement pour les enquêtes criminelles, avait été suspendu fin mai par l'édile, provoquant une vive controverse entre la plus grande force de police du Royaume-Uni et l'hôtel de ville.
Les avocats de Palantir ont adressé une lettre au bureau du maire pour la police et la criminalité (Mayor's Office for Policing and Crime), indiquant leur intention de contester cette décision devant les tribunaux. Le bureau de Sadiq Khan a confirmé avoir reçu ce courrier, tandis que Palantir s'est refusé à tout commentaire supplémentaire. Un porte-parole de l'édile a justifié l'intervention de ce dernier en affirmant que la Met n'avait pas présenté sa stratégie d'achat comme exigé et n'avait pleinement consulté qu'un seul fournisseur potentiel : Palantir lui-même. Selon cette même source, la décision ne reposerait pas sur des considérations politiques ou des valeurs, mais uniquement sur le non-respect des règles de passation des marchés.
Le chef de la police métropolitaine a averti que l'annulation du contrat aurait des conséquences opérationnelles graves. Selon des informations rapportées par la presse britannique, le commissaire de la Met aurait déclaré que l'absence de ce partenariat technologique risquait de priver les agents de première ligne d'outils indispensables, les laissant « perdus » dans la masse d'informations à traiter. Ce conflit met en lumière les tensions croissantes entre les autorités locales, soucieuses de contrôler l'utilisation des technologies de surveillance, et les forces de l'ordre, désireuses d'exploiter les capacités de l'intelligence artificielle pour lutter contre la criminalité.
La procédure judiciaire annoncée soulève des questions sur l'équilibre des pouvoirs entre le maire de Londres et la Metropolitan Police, cette dernière bénéficiant d'une certaine autonomie opérationnelle. Le contrat litigieux, d'un montant de 50 millions de livres, prévoyait l'intégration de la plateforme Gotham de Palantir, déjà utilisée par plusieurs services de renseignement occidentaux. Les critiques de ce logiciel, notamment de la part d'organisations de défense des libertés civiles, dénoncent un risque de surveillance de masse et d'atteinte à la vie privée. L'issue de cette bataille juridique pourrait définir un précédent pour les futurs contrats technologiques des forces de police britanniques.