La préfecture de police de Paris a annoncé des restrictions sévères pour faire face à la canicule qui frappe la région. À compter de vendredi à midi, la consommation d'alcool est interdite dans les rues et les parcs de la capitale. La vente d'alcool à emporter est, quant à elle, prohibée à partir de 18 heures. Ces mesures, décrétées par le préfet de police Patrice Faure, visent à réduire la pression sur les services de secours et hospitaliers.

La crainte d'un engorgement des hôpitaux

Interrogé par la presse, Patrice Faure a justifié cette décision par le fait que « l'alcool, en plein soleil, a des effets dévastateurs qui mobilisent nos pompiers et nos services d'urgence médicale alors que d'autres personnes pourraient avoir besoin de leur aide ». Bien que les hôpitaux parisiens ne montrent pour l'instant aucun signe de saturation, le préfet a indiqué que son rôle était de veiller à ce que « les systèmes d'urgence et de soins hospitaliers ne soient pas submergés ». Il a qualifié un éventuel engorgement de « désastreux » car il pourrait « entraîner des accidents supplémentaires, voire des décès, en raison de l'incapacité à prodiguer des soins ».

Des événements annulés ou reportés

Outre l'interdiction de la vente et de la consommation d'alcool, Patrice Faure a également décidé de suspendre les compétitions sportives. Il a demandé aux organisateurs d'autres rassemblements publics, notamment un festival de musique et une marche des fiertés, de reporter leurs manifestations. En cas de refus, le préfet a précisé qu'il pourrait ordonner le report de ces événements par décret. La durée de ces mesures n'a pas été précisée dans l'immédiat.

Des conséquences sanitaires déjà visibles

Le gouvernement a constaté les premiers effets de la canicule sur la santé publique. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a alerté jeudi sur une augmentation significative des arrêts cardiaques à Paris, avec un taux quatre fois supérieur à la normale sur les dernières 24 heures. Par ailleurs, les autorités estiment que quarante personnes se sont noyées dans des accidents liés à la chaleur entre le 18 et le 23 juin. Trois enfants sont également décédés après avoir été retrouvés sans vie dans des voitures : un garçon de 3 ans dans une commune de la banlieue parisienne mercredi, et deux enfants de 2 et 4 ans à Carpentras (Vaucluse) lundi.

Mobilisation du gouvernement

Face à cette situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé jeudi avoir activé le plus haut niveau de mobilisation du système de santé. Cette décision prévoit un renforcement des effectifs hospitaliers et une priorisation des soins pour les personnes souffrant de la chaleur. Le ministère de la Santé a également débloqué un fonds exceptionnel de 100 millions d'euros pour permettre aux hôpitaux d'acquérir des climatiseurs et des ventilateurs.