Une plaque commémorative située au 15, rue Louis-Braille, dans le 12e arrondissement de Paris, a été découverte dégradée. Installée en 2021, elle rendait hommage à Arsène et Angèle Richard, ainsi qu'à leur fille Marcelle, tous trois reconnus Justes parmi les Nations pour avoir caché un enfant juif durant la rafle du Vel’ d’Hiv’, le 16 juillet 1942. L'enfant sauvé, Edmond Richemond, alors âgé de 13 ans, était leur voisin.
La détérioration de la plaque intervient alors que se profilent les commémorations du 84e anniversaire de cette rafle, prévues ce dimanche 18 juillet à Paris. Le maire de la ville, Emmanuel Grégoire, a réagi sur le réseau social X en dénonçant un acte qu'il qualifie d'« honteux ». Il a écrit : « À l'heure où l'antisémitisme progresse chaque jour dans la société, et à la veille d'un week-end de commémoration de la rafle, je tiens à réaffirmer mon soutien indéfectible à la communauté juive. Paris est et restera une terre de résistance face à toutes les formes de haine et la lutte contre l'antisémitisme sera toujours une priorité absolue de mon engagement politique. »
Les autorités n'ont pas encore communiqué sur d'éventuelles poursuives ou sur les circonstances exactes de la dégradation. La plaque présente une fissure dans sa partie inférieure, ce qui indique un acte volontaire. Ce geste s'inscrit dans une série d'incidents antisémites récents dans la capitale. En février dernier, des croix gammées et des slogans haineux avaient été tagués sur la statue de la République à Paris, rappelant la persistance de ce fléau.
Arsène et Angèle Richard appartiennent à la mémoire des Justes, ces non-Juifs qui, au péril de leur vie, ont protégé des personnes persécutées pendant la Shoah. Leur histoire, liée à l'immeuble du 15, rue Louis-Braille, témoigne de la solidarité humaine face à la barbarie nazie. En 2021, une plaque avait été apposée à cet endroit pour perpétuer leur geste.
La ville de Paris, par la voix de son maire, a promis de veiller à la réfection de la plaque et de renforcer la vigilance contre tout acte antisémite. La commémoration de dimanche sera l'occasion de rappeler l'importance du devoir de mémoire face aux tentatives de négation ou de banalisation de la Shoah.