À moins d'un an du premier tour de l'élection présidentielle française, la question de l'usage des réseaux sociaux dans la campagne électorale prend un nouveau tour. Le député européen Raphaël Glucksmann, candidat déclaré à l'Élysée, a annoncé qu'il refusait d'utiliser TikTok pour sa campagne, qu'il soit candidat à la primaire de son camp ou à la présidentielle elle-même. Il justifie cette décision par la nature du réseau social, qu'il qualifie de "menace" pour la démocratie française.

"Bannir" TikTok pour préserver la démocratie

Interrogé sur l'influence croissante des plateformes numériques dans le débat public, Raphaël Glucksmann a été très clair : "Pas besoin d'un influenceur à l'Élysée." Selon lui, TikTok ne répond pas aux exigences de transparence et de débat démocratique. Il estime que l'algorithme de l'application, sa gestion des données personnelles et son modèle économique en font un outil dangereux pour la souveraineté numérique française et européenne. "C'est une menace pour notre démocratie", a-t-il déclaré, appelant à "bannir" l'application des téléphones des citoyens et, en tout état de cause, à ne pas l'utiliser dans le cadre d'une campagne présidentielle.

Une position tranchée dans le paysage politique

Cette prise de position distingue nettement Raphaël Glucksmann de nombreux autres candidats ou personnalités politiques qui ont recours à TikTok pour toucher les jeunes électeurs. L'eurodéputé considère que la plateforme, propriété du groupe chinois ByteDance, pose un problème de souveraineté et de protection des données. En refusant d'y avoir recours, il affirme vouloir incarner une autre manière de faire de la politique, fondée sur le débat d'idées et non sur la captation de l'attention par des formats court et des algorithmes opaques.

Les implications d'une telle annonce

Cette annonce intervient alors que la campagne présidentielle se profile. Elle soulève des questions sur la stratégie de communication de son camp. D'autres candidats pourraient être amenés à se positionner sur le sujet. La décision de Raphaël Glucksmann de boycotter TikTok pourrait influencer le débat sur la régulation des réseaux sociaux et sur l'encadrement des campagnes électorales numériques. Elle intervient dans un contexte européen où des discussions sont en cours sur le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA), qui visent à mieux réguler les grandes plateformes. En France, le sujet de l'influence des réseaux sociaux sur les élections est régulièrement évoqué, notamment après les soupçons d'ingérence étrangère via les réseaux lors de précédents scrutins.

En se présentant comme le candidat qui refuse l'outil TikTok, Raphaël Glucksmann cherche à dessiner une ligne de démarcation claire entre une politique qu'il juge sérieuse et respectueuse des principes démocratiques, et une communication politique qu'il estime superficielle et potentiellement dangereuse. Reste à savoir si ce choix sera payant électoralement, ou s'il l'isolera d'une partie de l'électorat jeune, très présent sur la plateforme.