Le maire de Lens, Sylvain Robert, a décidé d’interpeller le rectorat de Lille après avoir découvert que la police avait diffusé un appel à témoignages auprès de nombreux parents d’élèves de la ville, dans le cadre d’une enquête judiciaire visant un ancien enseignant de la commune, suspecté de consultation de contenus pédopornographiques. Dans un courrier adressé à la rectrice de l’académie, l’édile estime ne pas avoir été tenu informé de cette démarche, ce qui a suscité l’inquiétude de plusieurs familles.
Un appel à témoignages jugé précipité
Selon les informations disponibles, l’Office de lutte contre les violences faites aux mineurs (Ofmin) a envoyé un courrier à de nombreux parents lensois afin d’identifier et d’entendre d’éventuels témoins ou victimes parmi les élèves et anciens élèves des établissements où cet enseignant a exercé. Le maire a été alerté par des familles qui s’interrogeaient sur le terme « agissements » employé dans ce document, provoquant de l’incertitude. Sylvain Robert a indiqué dans un communiqué que plusieurs familles l’avaient interpellé et qu’il aurait jugé normal d’être personnellement informé de la démarche, surtout la veille d’un week-end, alors que les parents se retrouvaient dans l’attente de précisions.
Une enquête ouverte depuis novembre
L’ancien enseignant, qui a travaillé à Lens, avait été interpellé en novembre dernier avec neuf autres personnes dans le cadre d’une enquête pour détention, diffusion et consultation d’images pédopornographiques, ainsi que pour non-dénonciation d’atteintes sexuelles à des mineurs. Le parquet d’Aix-en-Provence, en charge de l’affaire, a précisé que ces individus échangeaient via une plateforme cryptée sur laquelle ils diffusaient et consultaient des contenus pédocriminels. Le réseau démantelé concernait plusieurs personnes réparties à travers l’Hexagone.
Une réaction politique locale
Le maire de Lens a demandé des éclaircissements à la rectrice sur le protocole suivi, estimant que la communication de la police aurait dû être coordonnée avec les autorités municipales pour éviter de laisser les familles dans le flou. Il n’a pas remis en cause la nécessité de l’enquête, mais a souligné que l’information des parents aurait gagné à être mieux encadrée. Cette interpellation intervient dans un contexte où d’autres affaires similaires ont eu un retentissement dans la région, et où la justice traite plusieurs dossiers de pédocriminalité en ligne.