Alors que les épisodes de fortes chaleurs transforment chaque été de nombreux logements en véritables fournaises, une pétition intitulée « Pas de volet, pas de loyer » gagne en popularité. Lancée par un collectif de locataires et relayée par l’association Droit au logement, elle demande la reconnaissance d’un droit à la suspension du loyer pour les occupants dont le logement est jugé invivable en raison de l’absence d’équipements de protection solaire ou de ventilation.

L’initiative recueille déjà plusieurs milliers de signatures. Elle s’inscrit dans la continuité d’une proposition de loi transpartisane déposée lors de la session parlementaire de l’été précédent. Ce texte – jamais examiné en séance – prévoyait d’obliger les bailleurs à installer des protections solaires extérieures (stores, volets) ou des dispositifs de ventilation, tels que des brasseurs d’air, afin d’assurer un confort minimal en période de canicule.

Sur le plan juridique, la situation reste néanmoins claire : un locataire ne peut pas, de sa propre initiative, cesser de verser son loyer, même en cas de forte chaleur. Les règles actuelles n’offrent pas de motif légal pour une suspension unilatérale du paiement. La pétition entend précisément combler ce vide juridique en créant un droit nouveau, qui permettrait aux occupants de se prévaloir de l’insalubrité thermique pour suspendre leur loyer jusqu’à ce que des travaux correctifs soient réalisés.

Les signataires et leurs soutiens estiment que les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes et intenses, rendent intolérable la situation de milliers de ménages, en particulier dans les logements mal isolés des grandes villes. Ils dénoncent l’inaction politique et appellent le Parlement à se saisir du sujet. De son côté, le gouvernement n’a pas encore réagi officiellement à la pétition, mais le débat est relancé sur la responsabilité des propriétaires face aux conséquences du réchauffement climatique.

L’avenir de cette revendication dépendra de sa capacité à franchir le seuil des débats parlementaires. En attendant, elle nourrit une réflexion plus large sur le droit au logement décent en toutes saisons, y compris pendant les périodes de canicule.