La start-up française Blablacar a annoncé, le 30 juin 2026, le déploiement de son service dans vingt nouveaux pays, une expansion rendue possible par l’utilisation de l’intelligence artificielle. Cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie d’internationalisation de l’entreprise, qui cherche à renforcer sa présence hors de ses marchés historiques.
L’entreprise mise sur des technologies d’apprentissage automatique pour adapter rapidement sa plateforme aux spécificités locales, notamment en matière de langue, de réglementation et de comportements des utilisateurs. Selon les informations communiquées par la société, l’IA permet d’automatiser une partie des processus de traduction, de vérification des trajets et de mise en relation, réduisant ainsi le temps nécessaire pour lancer l’activité dans un nouveau territoire.
Ces vingt nouveaux pays viennent s’ajouter aux quelque vingt-deux où Blablacar était déjà présent. La liste précise des nations concernées n’a pas été détaillée dans l’annonce officielle, mais l’entreprise précise que le déploiement concerne principalement des régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, où le covoiturage est encore peu structuré. L’objectif affiché est de conquérir des marchés à fort potentiel de croissance, portés par une démographie jeune et une urbanisation rapide.
Une accélération permise par la data et l’automatisation
Jusqu’à présent, l’internationalisation de Blablacar se faisait de manière progressive, avec des équipes dédiées sur place et des adaptations manuelles. L’introduction de l’IA change la donne en permettant de traiter à grande échelle les données de mobilité et de proposer des fonctionnalités locales sans intervention humaine systématique. Par exemple, le système peut générer automatiquement des règles de tarification en fonction du coût de la vie et des habitudes de paiement dans chaque pays.
Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large du secteur des transports, où les plateformes numériques utilisent l’intelligence artificielle pour fluidifier l’expérience utilisateur et élargir leur empreinte géographique. Blablacar, qui revendique plus de 100 millions d’utilisateurs dans le monde, espère ainsi doubler son nombre de trajets internationaux d’ici 2028.
Un pari sur la mobilité partagée
Le covoiturage longue distance, cœur de métier de Blablacar, connaît une demande croissante dans les pays émergents, où les alternatives ferroviaires ou aériennes restent coûteuses ou peu développées. En misant sur l’IA, l’entreprise entend répondre à cette demande tout en maîtrisant ses coûts d’entrée sur de nouveaux marchés. L’annonce du 30 juin confirme la volonté de la direction de faire de la technologie un levier central de sa croissance externe.
Aucun montant d’investissement lié à cette expansion n’a été communiqué par Blablacar. L’entreprise, qui a levé plus de 300 millions d’euros depuis sa création, continue de bénéficier de la confiance de ses actionnaires historiques. La rentabilité de ces nouveaux marchés n’est pas attendue avant plusieurs années, mais la société mise sur l’effet de réseau pour atteindre rapidement des volumes significatifs.