Un parcours sans faute en qualifications

Les Pays-Bas se présentent à la Coupe du monde 2026 avec un bilan parfait en qualifications : huit matchs, aucune défaite. Seule la Pologne a réussi à leur arracher des matchs nuls. Ce sans-faute, conjugué à un noyau défensif solide et un milieu de terrain créatif, a nourri l’espoir d’une première victoire finale, après trois finales perdues (1974, 1978, 2010). Pourtant, à l’approche du tournoi qui débute le 11 juin, les certitudes se sont muées en inquiétudes.

Un effectif décimé par les blessures

Le coup le plus dur est survenu en avril : Xavi Simons, meneur de jeu du Tottenham Hotspur et sans doute l’atout offensif le plus précieux des Pays-Bas, a été victime d’une rupture du ligament croisé antérieur. Cette blessure l’a privé de tout espoir de participation au Mondial. Le sélectionneur Ronald Koeman a dû aussi composer avec l’incertitude entourant Memphis Depay, meilleur buteur de l’histoire de la sélection (55 buts en 108 sélections). Ce dernier n’a disputé que deux brèves apparitions en deux mois avec son club brésilien de Corinthians en raison d’une blessure aux ischio-jambiers. Koeman a justifié sa sélection en déclarant : « J’ai choisi Memphis pour ce qu’il est encore. Je ne vois personne d’autre à ce poste qui puisse le faire. Je crois qu’il peut être un atout, mais il doit passer cette période de manière convenable. »

Le défenseur d’Arsenal Jurrien Timber constitue une troisième source de préoccupation. Touché à l’aine depuis mars, il n’a pas joué et sa forme pour le début du tournoi reste incertaine. « Nous avons Ian Maatsen et Lutsharel Geertruida sur la liste des remplaçants pour Timber. Sa situation est que devait s’entraîner avec Arsenal aujourd’hui, pour évaluer son état pour le week-end. Ils jouent la finale de la Ligue des champions samedi. Il reste à voir s’il sera apte pour ce match », a précisé le sélectionneur.

Reijnders, le poumon du jeu néerlandais

Malgré ces absences, les Pays-Bas peuvent compter sur Tijjani Reijnders. Le milieu de terrain de Manchester City s’est imposé comme l’un des meilleurs à son poste en Europe. Après deux saisons remarquables à l’AC Milan, où il a été désigné meilleur milieu de terrain de Serie A, il a rejoint City en 2025. Bien que pas toujours titulaire, il s’est adapté au système de Pep Guardiola, avec 5 buts et 2 passes décisives en 28 matches de Premier League. Des statistiques qui ne reflètent qu’imparfaitement son influence : Reijnders est le joueur « toutes actions » des Oranje, assurant la liaison entre la défense et l’attaque, brisant les offensives adverses et se montrant d’une présence fiable balle au pied.

Un socle défensif expérimenté

La défense reste le point fort de l’équipe. Virgil van Dijk, même s’il n’affiche plus le niveau de ses meilleures années, demeure un défenseur central de classe mondiale, riche d’une expérience précieuse. Il est entouré de talents comme Micky van de Ven, Jurrien Timber et Jan Paul van Hecke. Devant eux, Ryan Gravenberch, brillant avec Liverpool ces deux dernières saisons, protège la défense tout en se projetant vers l’avant.

Gakpo, une menace sur le front de l’attaque

Cody Gakpo, également à Liverpool, apporte une menace significative sur les ailes et devant le but. Il a été l’un des joueurs les plus en vue des Reds lors d’une saison difficile pour le club champion d’Angleterre en 2024-2025.

Un héritage à réécrire

Les Pays-Bas ont toujours peiné à concrétiser leur potentiel en Coupe du monde. La génération dorée de 1988, vainqueur de l’Euro, n’a jamais reproduit ce succès au niveau mondial. Cette équipe, moins clinquante mais peut-être plus équilibrée, pourrait surprendre. Mais les blessures de Simons, Depay et Timber réduisent considérablement sa marge de manœuvre. Le Mondial 2026 s’annonce comme un test de résistance pour une sélection qui devra puiser dans ses ressources collectives pour dépasser son statut d’outsider.