L’affaire Lyhanna, du prénom de la victime, secoue l’opinion publique. Âgée de 21 ans, elle a été séquestrée, violée et contrainte à la prostitution pendant plusieurs années. Après avoir recouvré la liberté, elle livre un témoignage qui met en cause l’attitude de la justice à son égard. Selon elle, les services judiciaires n’auraient pas pris la mesure de son calvaire et n’entendraient pas rendre de comptes sur les défaillances constatées.

Des années de souffrance ignorées

Lyhanna raconte avoir été victime d’un réseau de proxénétisme dès l’adolescence. Durant cette période, elle a subi des violences physiques et psychologiques répétées. Malgré plusieurs signalements, les autorités judiciaires n’auraient pas engagé de procédures efficaces pour la soustraire à ses bourreaux. « C’est comme si ma parole ne valait rien », a-t-elle déclaré, le visage marqué par l’émotion. Elle affirme que les plaintes déposées ont été classées sans suite ou instruites avec une lenteur « inhumaine ».

Un sentiment d’abandon

Dans son récit, la jeune femme dénonce un système qui, selon elle, protège davantage les auteurs que les victimes. Elle explique avoir dû attendre des mois avant qu’un juge ne l’entende, et que les mesures de protection promises n’ont jamais été mises en place. « Je me suis sentie seule face à l’institution », a-t-elle confié. Ses accusations visent en particulier l’absence de suivi psychologique et l’opacité des décisions judiciaires. « On ne m’a jamais expliqué pourquoi mes agresseurs étaient libres », a-t-elle ajouté.

Des failles structurelles pointées

Au-delà du cas individuel, c’est l’ensemble du traitement judiciaire des affaires de proxénétisme qui est interrogé. Des associations d’aide aux victimes relèvent que les jeunes femmes issues de milieux précaires sont rarement crues et souvent reléguées au rang de simples témoins. Le manque de formation des magistrats et la sous-estimation de la gravité des faits sont régulièrement dénoncés. L’affaire Lyhanna cristallise ces critiques et alimente les demandes de réforme.

Des réactions officielles attendues

Pour l’heure, ni le ministère de la Justice ni le parquet compétent n’ont officiellement répondu aux allégations de la victime. Plusieurs élus et associations ont appelé à une inspection des procédures suivies dans ce dossier. Une pétition en ligne demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures. La voix de Lyhanna, portée par une tribune publiée dans la presse, devient le symbole d’une lutte contre l’impunité et pour une justice plus humaine.