Un projet de grande envergure pour une gare décriée
La gare de Penn Station, à New York, souvent qualifiée de dédale souterrain exigu et dangereux, pourrait bientôt connaître une transformation radicale. Amtrak, en collaboration avec des architectes, a récemment dévoilé des rendus et des détails d’un projet de reconstruction complet, dont le coût est estimé entre 7 et 8 milliards de dollars. Ce chantier, qui s’étalerait sur six ans, vise à remplacer l’actuel labyrinthe situé sous le Madison Square Garden par un hall monumental, baigné de lumière naturelle, utilisant la pierre et le bronze. L’objectif est de créer une porte d’entrée civique digne de la ville, tout en résolvant les problèmes de congestion et de sécurité qui minent la gare.
Des améliorations structurelles majeures
Le plan prévoit la suppression d’un niveau entier de la gare, celui situé entre les principales salles des échanges et les quais, réputé pour son caractère oppressant. Quelque cent colonnes seront également retirées des quais, et de nombreux escaliers, ascenseurs et escalators seront ajoutés. Ces modifications devraient faciliter la circulation des voyageurs, améliorer l’évacuation en cas d’urgence et permettre une rotation plus efficace des trains. L’une des opérations les plus emblématiques consistera à acheter et à démolir l’Infosys Theater, une salle de 5 600 places appartenant au Madison Square Garden, qui obstrue l’accès côté huitième avenue. À la place, une entrée cérémonielle de 450 pieds de large, dotée de colonnades et de fenêtres en claire-voie, apportera la lumière naturelle jusqu’à l’autre extrémité de la station. Le projet libérera également plus de 100 000 pieds carrés de nouveaux espaces de circulation, un gain significatif pour la sécurité.
Un financement fédéral crucial mais incertain
Le financement du projet repose largement sur une enveloppe fédérale. Amtrak et ses partenaires cherchent à obtenir des milliards de dollars auprès du gouvernement fédéral pour concrétiser ce plan. Le président a apporté son soutien à l’initiative, mais les détails financiers restent à négocier. Andy Byford, conseiller d’Amtrak bien connu des New-Yorkais pour avoir dirigé le métro de la ville et gagné le surnom de « Train Daddy », supervise l’opération. Il a fixé un délai de 18 mois pour le début des travaux, une manière de mettre fin à des décennies d’immobilisme. Selon lui, les usagers ne devraient pas subir de surtaxes sur les billets. Il a toutefois précisé que rien n’est encore « gravé dans la pierre », le champ du projet — qui paiera, ce que le promoteur prendra en charge et pour combien de temps il gérera la gare — restant à définir.
Des obstacles politiques persistants
Malgré l’enthousiasme suscité par les nouvelles maquettes, le projet n’est pas exempt de controverses politiques. L’opposition demeure, notamment de la part de représentants démocrates de New York, comme Jerrold Nadler, qui se sont élevés contre le plan. La question de l’architecture, perçue par certains comme un outil de communication politique, s’ajoute aux difficultés. Pour nombre d’observateurs, cette reconstruction rappelle une époque où l’architecture civique était une priorité nationale. Le projet, s’il aboutit, pourrait redonner à New York une gare digne de ce nom, mais son avenir dépendra de la capacité des parties prenantes à surmonter les dissensions politiques et à boucler le financement.