Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d'état-major interarmées, le général Dan Caine, comparaissent ce mardi devant la commission des crédits du Sénat américain. Ils doivent y défendre la conduite de la guerre contre l'Iran et demander des moyens financiers supplémentaires. Le Pentagone sollicite entre 80 et 90 milliards de dollars pour financer les opérations en cours et reconstituer les stocks d'armes épuisés par les combats.
Cette audition intervient dans un contexte de regain de violence. Le 8 juillet, le président Donald Trump a dénoncé la trêve qui avait été conclue avec les dirigeants iraniens au début du mois de mai. Cette trêve devait permettre la réouverture du détroit d'Ormuz et ouvrir la voie à des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran. Depuis la rupture de l'accord, les hostilités ont repris, avec des conséquences directes pour les soldats américains.
Fin de semaine dernière, une attaque iranienne contre une base en Jordanie a tué deux militaires américains et fait plusieurs blessés. Selon des responsables américains, cet assaut est le quatrième en cinq jours visant les forces américaines dans ce pays. Les mêmes sources indiquent que les forces iraniennes disposent encore d'importants stocks de missiles et qu'elles sont devenues plus habiles à contourner les systèmes de défense aérienne américains. L'incident a également endommagé plusieurs hélicoptères, et le Pentagone a tardé à révéler l'ampleur des pertes.
Une demande de fonds controversée
Les sommes réclamées par l'administration Trump – entre 80 et 90 milliards de dollars – sont jugées considérables. Selon le New York Times, la demande officielle du Pentagone s'élève à environ 80 milliards, tandis que la NPR fait état d'une requête de près de 90 milliards. Cette divergence illustre l'ampleur des besoins mais aussi l'imprécision qui entoure le coût réel de l'engagement militaire.
Le président Trump a réaffirmé lundi sur les réseaux sociaux sa ligne dure : « Chaque fois que l'Iran tue un soldat américain, ils paieront ce meurtre au centuple ! » a-t-il écrit, ajoutant que cette directive a été transmise au secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, au général Daniel Caine et à chaque dirigeant militaire.
Les questions qui fâchent
Les sénateurs démocrates devraient interroger les responsables militaires sur la légalité des opérations. La question de savoir si certaines frappes constituent des crimes de guerre sera notamment posée. M. Trump a en effet annoncé mardi que l'armée américaine allait prochainement frapper « Pickaxe Mountain », un site nucléaire souterrain iranien en construction depuis 2020, et a laissé entendre que les bombardements pourraient s'étendre aux ponts et aux infrastructures électriques iraniennes.
Le plus grand défi pour M. Hegseth et le général Caine consistera à expliquer leur plan pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Ce passage maritime stratégique, fermé par l'Iran, provoque une flambée des prix de l'essence. Les signes d'une possible réouverture par les forces américaines sont pour l'instant rares, et les experts estiment qu'une telle opération nécessiterait l'engagement de troupes au sol, une perspective que M. Trump semble vouloir éviter pour l'instant.
Un précédent dans les guerres impopulaires
Lors des conflits passés jugés impopulaires, comme ceux d'Irak et d'Afghanistan, les élus républicains et démocrates ont généralement refusé de couper les crédits de peur de mettre en danger les soldats américains. Il reste à voir si les parlementaires adopteront une position similaire face à l'Iran.
La séance de ce mardi est particulièrement attendue. MM. Hegseth et Caine ne s'étaient pas exprimés publiquement et en détail sur le conflit depuis leur dernière conférence de presse au début du mois de mai. Les sénateurs entendent obtenir des réponses sur les pertes récentes, la stratégie militaire et les perspectives de sortie de crise.