La piste Pep Guardiola pour le banc de l'Italie prend de l'épaisseur. La Fédération italienne de football (FIGC) aurait entamé des discussions avec l'ancien entraîneur de Manchester City afin de lui confier la direction de la Squadra Azzurra. Selon des informations concordantes, le nouveau directeur technique de la FIGC, Paolo Maldini, accompagné de son conseiller Leonardo, s'est rendu à Barcelone pour rencontrer le technicien espagnol pendant trois jours.
Guardiola, âgé de cinquante-cinq ans, n'est pas un inconnu du football italien. Il parle couramment la langue et a évolué en Serie A entre 2001 et 2003, portant successivement les couleurs de Brescia (à deux reprises) et de la Roma. Ce passé pourrait faciliter son intégration s'il acceptait le poste. Il deviendrait alors le deuxième sélectionneur non italien de l'histoire de la Nazionale, et le premier depuis les années 1960.
Le poste est vacant depuis le départ de Gennaro Gattuso en avril dernier, consécutif à l'élimination de l'Italie lors des barrages de l'Euro, une défaite aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine qui a également scellé l'absence des Azzurri pour la troisième Coupe du monde consécutive. Gattuso avait succédé à Luciano Spalletti en 2024, mais n'a pas réussi à inverser la tendance.
D'autres noms circulent pour lui succéder, parmi lesquels ceux de Roberto Mancini et d'Andrea Pirlo, tous deux anciens internationaux italiens. Toutefois, l'hypothèse Guardiola, forte de son palmarès exceptionnel – douze titres de champion nationaux remportés en Espagne, en Allemagne et en Angleterre – suscite un engouement particulier au sein du football transalpin.
Et l'Angleterre dans tout cela ?
La perspective de voir Guardiola libre sur le marché après son départ de Manchester City en mai dernier pourrait également attiser les convoitises outre-Manche. L'équipe d'Angleterre vient de décrocher la troisième place de la Coupe du monde 2026, son meilleur résultat dans la compétition. Mais l'avenir de son sélectionneur actuel, Thomas Tuchel, fait l'objet d'interrogations. Le technicien allemand, en poste depuis 2025, a rempli son contrat en atteignant le dernier carré, mais aucune décision officielle n'a encore été annoncée quant à une éventuelle prolongation.
Si Tuchel venait à quitter son poste, Pep Guardiola apparaîtrait comme un candidat naturel pour la Fédération anglaise. Son expérience du football britannique, accumulée pendant une décennie à la tête de Manchester City, ainsi que sa connaissance du jeu international, en feraient un profil très convoité. Cependant, la priorité du Catalan semble pour l'heure se situer en Italie, où le projet de reconstruction de la Nazionale autour de jeunes talents pourrait le séduire.
Un championnat du monde des sélectionneurs ?
Le scénario d'un Guardiola sélectionneur ouvre des perspectives inédites. Si l'Italie parvient à le convaincre, elle mettrait fin à une longue tradition de techniciens italiens à sa tête. La dernière fois qu'un étranger a dirigé la Squadra Azzurra remonte à 1966. Pour Guardiola, ce serait aussi l'occasion d'ajouter un défi de taille à son palmarès : qualifier et emmener loin une équipe en reconstruction, tout en évoluant dans un championnat qu'il connaît et apprécie.
De son côté, l'Angleterre pourrait choisir d'attendre. La Fédération anglaise (FA) n'a pas fait de commentaire sur l'avenir de Tuchel, mais les spéculations vont bon train. Les prochaines semaines devraient être décisives, tant pour le poste de sélectionneur italien que pour la carrière de l'entraîneur le plus titré de sa génération. Les amateurs de football retiendront leur souffle : Guardiola choisira-t-il la Nazionale ou gardera-t-il un œil sur l'autre côté de la Manche ?