L'Union européenne a mis en place un nouveau plafonnement du prix du pétrole brut russe à 44,10 dollars le baril, un niveau nettement inférieur aux 70 dollars que Moscou espérait atteindre. Cette décision, officialisée ces derniers jours, s'inscrit dans le cadre des sanctions visant à réduire les recettes énergétiques de la Russie.
Un mécanisme indirect mais contraignant
Alors que les États membres de l'UE ont quasiment cessé d'importer du pétrole russe, la question s'est posée de savoir comment Bruxelles pouvait encore influer sur le prix du baril vendu à d'autres pays. La réponse réside dans le contrôle des services nécessaires au transport maritime : assurance, fret, courtage et soutien technique. Les opérateurs européens dominent ce secteur. En interdisant à ces prestataires de travailler pour des cargaisons de pétrole russe vendues au-dessus du plafond fixé, l'UE rend très difficile, voire impossible, l'exportation à un prix supérieur.
Un seuil qui prive Moscou d'une partie de ses recettes
Le seuil de 44,10 dollars le baril a été choisi pour se situer en dessous du coût de production estimé du brut russe, ce qui empêche la Russie de réaliser des marges importantes sur ses ventes. Selon plusieurs estimations, Moscou aurait besoin d'un baril à plus de 70 dollars pour équilibrer son budget. Le plafond européen vise donc à creuser le déficit financier du Kremlin tout en maintenant le pétrole russe sur le marché mondial, afin d'éviter une flambée des cours qui pénaliserait les pays consommateurs.
Mise en œuvre et contrôle
La mise en œuvre de ce dispositif repose sur une déclaration obligatoire des opérateurs européens, qui doivent certifier que le prix d'achat du pétrole transporté ne dépasse pas le plafond autorisé. Des mécanismes de vérification et des sanctions en cas de non-respect sont prévus. Les autorités européennes ont précisé que ce système fonctionne en complément de l'embargo sur les importations directes, déjà en vigueur.
Conséquences attendues et réactions
Ce nouveau plafonnement intervient alors que la Russie redirige ses exportations pétrolières vers l'Asie, notamment la Chine et l'Inde, qui achètent à des prix inférieurs au marché. En limitant les marges de manœuvre de Moscou, l'UE espère accélérer la baisse des revenus pétroliers du pays. Les réactions du gouvernement russe n'ont pas tardé : Moscou a dénoncé une mesure « injuste et illégale » et a menacé de réduire sa production si le plafonnement devait s'avérer trop contraignant.
Un précédent déjà testé
Ce dispositif s'inspire du mécanisme mis en place par le G7 en 2022, qui avait déjà fixé un plafond à 60 dollars le baril pour le pétrole russe transporté par voie maritime. Avec ce nouveau seuil, l'UE durcit encore son dispositif de sanctions énergétiques, dans un contexte de guerre en Ukraine et de tensions persistantes sur les marchés de l'énergie.