Une marée humaine a envahi dimanche les artères de Madrid autour de la place de Cibeles pour assister à la messe en plein air donnée par le pape Léon XIV, lors de son premier voyage officiel dans un pays de l’Union européenne hors d’Italie. Selon les organisateurs et le Vatican, environ 1,2 million de personnes se sont massées dans le square et ses rues adjacentes, faisant de cet événement le plus important de la visite de sept jours du pontife en Espagne.
Le souverain pontife, né à Chicago, est arrivé au volant de sa papamobile blanche, saluant la foule qui agitait des drapeaux et scandait « Vive le pape ». Certains fidèles jetaient des pétales de fleurs sur son passage. Sur l’estrade dressée devant le palais de Cibeles, le roi Felipe VI et la reine Letizia assistaient à la cérémonie aux côtés des autorités religieuses.
Un message tourné vers les plus fragiles
Dans son homélie, Léon XIV a exhorté les catholiques à vivre leur foi en aidant leur prochain. Il a déclaré que Dieu « s’identifie aux pauvres, aux opprimés, à ceux qui sont seuls et abandonnés ». Ce discours s’inscrit dans la ligne qu’il avait déjà adoptée la veille, lors de la réception au palais royal, où il avait loué l’engagement de l’Espagne en faveur de la paix et son « adhésion fidèle au droit international ».
Le pape a également présidé samedi une veillée de prière devant près de 500 000 personnes, pour la plupart des jeunes, près du stade Santiago-Bernabéu. Il leur avait alors lancé : « Face au vide de l’indifférence et de la complaisance, devant la violence de la guerre et du mensonge, vous devez être les étincelles d’une humanité nouvelle. »
Une visite aux multiples facettes
Ce déplacement – le premier d’un pape en Espagne depuis une quinzaine d’années – comporte plusieurs temps forts. Léon XIV doit s’adresser au Parlement espagnol, une première pour un pontife, et rencontrer des victimes d’abus sexuels au sein de l’Église catholique. Plus tard dans la semaine, il se rendra aux îles Canaries en compagnie du chef du gouvernement, Pedro Sánchez, pour rendre hommage aux milliers de migrants morts en tentant de rejoindre l’Europe.
Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez a adopté des positions qui ont provoqué des tensions avec l’administration américaine, notamment sur le conflit à Gaza et la guerre contre l’Iran. Le pape, connu pour ses positions anti-guerre, a lui-même été critiqué par le président américain Donald Trump à ce sujet.
Un dispositif sécuritaire renforcé
Les autorités madrilènes avaient mis en place un important dispositif de sécurité pour encadrer la messe et la procession qui a suivi dans le centre-ville. Malgré l’affluence, aucun incident majeur n’a été signalé. L’ambiance était à la fête et au recueillement, les fidèles venus de toute l’Espagne et d’ailleurs saluant un pape dont le message de paix et de solidarité semble rencontrer un large écho.