L’Écosse renoue avec une tradition qui lui est chère : celle de mêler espoir et appréhension à l’occasion d’une Coupe du monde de football. Le pays, qui n’avait plus participé à la compétition depuis vingt-huit ans, vit un retour marqué par une ambiance à la fois exubérante et teintée d’humour.
Dès les aéroports d’Édimbourg et de Glasgow, les supporters en partance pour les États-Unis ont été accueillis par des cornemuses. À Édimbourg, c’est un orchestre au complet – celui du célèbre military tattoo – qui a joué, accompagné d’une troupe de danseurs des Highlands. Les manifestations de liesse se multiplient sur le territoire : un établissement d’Édimbourg propose une bière infusée à l’Irn-Bru, la boisson gazeuse nationale, offerte gratuitement aux clients roux, tandis que des distilleries de whisky écossaises se sont associées à un producteur brésilien pour lancer une cuvée commune. Des boîtes de nuit transformées en fanzones accueillent des fêtes qui durent toute la nuit.
Nouveaux tartans et polémique avec l’Angleterre
L’effervescence se traduit aussi par l’apparition de nouveaux motifs de tartan, symbole identitaire fort. Dans les rues de Glasgow, une fresque monumentale à l’effigie du joueur Scott McTominay a été inaugurée. Le Premier ministre écossais, John Swinney, s’est rendu devant cette œuvre, illustrant l’implication du gouvernement dans cette fièvre sportive.
Comme souvent, la rivalité avec l’Angleterre a trouvé une nouvelle occasion de s’exprimer. L’émission de télévision britannique Good Morning Britain a suscité la controverse après des remarques jugées désobligeantes de la part des présentateurs Ed Balls, Susanna Reid et du chroniqueur Kevin Maguire au sujet du jour férié supplémentaire accordé à l’Écosse par le roi à l’occasion du Mondial. Cette polémique, loin d’entamer l’enthousiasme, semble avoir renforcé la détermination des supporters.
Un engouement populaire et officiel
Le retour de l’Écosse dans la compétition, qui se déroule aux États-Unis, suscite un engouement qui dépasse le simple cadre sportif. Les autorités ont officialisé des horaires aménagés pour certains matchs, tandis que les écoles et les entreprises s’organisent pour permettre au plus grand nombre de suivre les rencontres. Les rues des grandes villes se parent de drapeaux bleus et blancs, et les magasins de souvenirs signalent des ruptures de stock sur les maillots de l’équipe nationale.
Cette ferveur collective, mêlée d’une conscience aiguë des déceptions passées, incarne parfaitement l’état d’esprit écossais. Comme le résume un observateur, le pays « est prêt à balayer des décennies d’espoirs déçus et à faire la fête ». Les regards sont désormais tournés vers le premier match de la sélection, qui doit ouvrir le tournoi dans une atmosphère que beaucoup décrivent comme historique.