Rabat – Une procédure canonique a été initiée par le Vatican à la suite de témoignages de plusieurs femmes accusant l'archevêque de Rabat, Mgr Cristobal Lopez Romero, de violences sexuelles. L'information, confirmée par des sources ecclésiastiques, marque un tournant dans une affaire qui secoue la communauté catholique marocaine.

Selon des informations concordantes, les faits reprochés au prélat espagnol, âgé de 74 ans et à la tête de l'archidiocèse de Rabat depuis 2017, auraient été commis sur une période s'étendant sur plusieurs années. Les plaignantes, dont les identités n'ont pas été divulguées, auraient sollicité la justice civile avant que le dossier ne soit transmis aux autorités religieuses.

Une enquête diligentée par le Saint-Siège

Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, instance vaticane compétente pour les crimes sexuels commis par des clercs, a été saisi et a ordonné l'ouverture d'une enquête préliminaire. Celle-ci vise à établir la réalité des faits et, le cas échéant, à déterminer les mesures disciplinaires à prendre à l'encontre de l'archevêque. Aucun commentaire officiel n'a été émis par le diocèse de Rabat dans l'immédiat.

Un religieux reconnu, désormais sous le coup d'accusations graves

Mgr Cristobal Lopez Romero, salésien de Don Bosco, est une figure connue du paysage religieux marocain. Nommé archevêque en 2017 par le pape François, il est également connu pour son engagement dans le dialogue interreligieux, notamment avec l'islam. En 2022, il avait été décoré par le roi Mohammed VI pour son action en faveur de la coexistence pacifique. Ces accusations portent une ombre sur son parcours et suscitent des réactions contrastées au sein des fidèles.

Un silence qui interroge

Pour l'heure, ni l'archevêque ni ses avocats n'ont réagi publiquement aux accusations. La nonciature apostolique au Maroc, qui représente le Saint-Siège dans le pays, n'a pas non plus diffusé de communiqué. Les autorités marocaines n'ont, à ce stade, pas officiellement commenté l'affaire, les procédures étant pour l'instant internes à l'Église catholique.

Un précédent dans l'Église marocaine

Cette affaire intervient dans un contexte où l'Église catholique au Maroc, minoritaire (environ 30 000 fidèles, principalement étrangers), avait jusqu'à présent été épargnée par des scandales publics de cette ampleur. Si l'enquête canonique aboutit à des conclusions accablantes, l'archevêque pourrait encourir des sanctions allant de l'interdiction d'exercer tout ministère à une éventuelle réduction à l'état laïc, en passant par le renvoi de l'état clérical.

La procédure, qui pourrait prendre plusieurs mois, est suivie de près par les organisations de défense des victimes d'abus sexuels dans l'Église. Elles appellent à la plus grande transparence de la part du Vatican et à ce que les plaignantes puissent être entendues dans le respect de leur dignité.