L'audience qui devait se tenir mardi au tribunal judiciaire de Paris dans le cadre de la procédure pour apologie du terrorisme visant l'eurodéputée Rima Hassan a été reportée. La défense a plaidé un délai insuffisant pour prendre connaissance de l'ensemble des éléments communiqués par les nombreuses associations constituées parties civiles. Les débats sont désormais programmés les 19 et 20 octobre.

Les motifs du renvoi

L'avocat de l'élue, Vincent Brengarth, a demandé le renvoi de l'affaire en arguant que les pièces adverses lui étaient parvenues trop tardivement pour permettre une préparation sereine de la défense. Selon lui, la multiplication des parties civiles a entraîné une transmission tardive de leurs arguments écrits, rendant impossible une étude contradictoire dans les temps impartis. Cette demande a été accordée par le tribunal, au grand dam du ministère public et des associations plaignantes, qui ont exprimé leur déception face à ce report.

Contexte judiciaire

Rima Hassan, militante pro-palestinienne et élue au Parlement européen sous l'étiquette de La France insoumise en 2024, est poursuivie pour des propos tenus lors de plusieurs interventions publiques. Les associations à l'origine de la plainte lui reprochent d'avoir justifié des actes terroristes. La défense conteste fermement cette qualification et dénonce une instrumentalisation politique de la justice. Le renvoi de l'audience a été perçu par certains observateurs comme un répit pour l'accusée, mais aussi comme un signe de la complexité procédurale de ce dossier.

Réactions et implications

Les parties civiles ont fait part de leur frustration face à ce nouveau délai, estimant que la justice devait statuer rapidement sur des affaires touchant à l'apologie du terrorisme. De son côté, la défense a salué la décision du tribunal, y voyant la garantie d'un procès équitable. Ce renvoi repousse de plusieurs mois l'échéance judiciaire pour l'eurodéputée, qui continue à exercer son mandat européen. L'issue de ce procès pourrait avoir des répercussions sur la scène politique française, alors que la question du soutien à la cause palestinienne divise profondément la classe politique.