François-Xavier Bellamy, figure montante de la droite française et vice-président des Républicains, a récemment défendu ses positions tranchées sur l’immigration, tout en écartant toute contradiction avec sa foi catholique. « Pour pouvoir accueillir chez soi, il faut avoir un chez soi », a-t-il déclaré, justifiant ainsi une ligne ferme qui, selon lui, relève de la responsabilité plutôt que du rejet.
Un rôle central au Parlement européen
L’ancien professeur de philosophie, qui dirige la petite délégation des eurodéputés LR à Strasbourg, a été l’un des principaux artisans du règlement « retour » adopté mercredi. Ce texte, qui durcit sans précédent la politique migratoire de l’Union européenne, a été largement soutenu par les groupes de droite et d’extrême droite. Pour Bellamy, ce vote est cohérent avec ses convictions : « Il faut faire repartir les migrants illégaux, pas les répartir », a-t-il affirmé, en réponse aux critiques qui lui reprochent un rapprochement avec les partis nationalistes.
Des alliances qui interrogent
Si l’eurodéputé rejette l’idée d’une dérive vers l’extrême droite, rappelant qu’il n’a pas suivi Éric Ciotti dans son rapprochement avec le Rassemblement national en 2024, les faits attestent de votes convergents. Il a ainsi soutenu une motion de censure déposée par Jordan Bardella contre Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Ses détracteurs y voient une stratégie d’alignement, mais Bellamy assure que son combat pour la souveraineté nationale et le contrôle des frontières reste ancré dans une tradition républicaine.
Foi et politique : une conciliation revendiquée
Interrogé sur la compatibilité entre son engagement catholique et ses positions restrictives en matière d’immigration, le responsable politique a récusé toute opposition. Il considère que la charité chrétienne ne saurait justifier un laisser-faire migratoire, mais qu’elle exige au contraire des règles claires pour protéger à la fois les citoyens et les migrants. « Accueillir dignement suppose de maîtriser les flux », a-t-il expliqué, reprenant à son compte la maxime biblique sur la nécessité d’avoir une maison avant d’inviter autrui.
Un débat qui divise la droite française
Ces prises de position interviennent alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’intensifie. Au sein de la droite, les positions de Bellamy suscitent des tensions : certains saluent son courage, d’autres dénoncent une droitisation qui brouille les frontières avec les formations d’extrême droite. Lui-même se défend de franchir une ligne rouge, affirmant que son objectif est de rassembler les droites autour d’un projet cohérent, et non de les diviser.
Un avenir politique en construction
À cinquante ans, François-Xavier Bellamy s’impose comme une figure clé de l’aile droite des Républicains, aux côtés de Bruno Retailleau. Son rôle au Parlement européen et ses prises de parole sur l’immigration confirment une ambition nationale, alors que les sondages placent LR en position de force pour la prochaine échéance présidentielle. Reste à savoir si cette stratégie de rapprochement assumé avec les souverainistes européens portera ses fruits dans l’opinion.