Les discussions techniques entre l'Iran et les États-Unis, qui se sont tenues en Suisse, ont abouti à la création de plusieurs groupes de travail chargés de traiter des principaux dossiers en suspens. Cette annonce, faite mardi par le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, marque une avancée concrète dans le processus de négociation entamé le week-end précédent.

Quatre groupes thématiques institués

À l'issue de ces consultations, « il a été décidé de mettre en place quatre groupes de travail portant sur la levée des sanctions, le nucléaire, la reconstruction et le développement économique (de l'Iran) ainsi qu'un groupe de suivi », a déclaré M. Gharibabadi à l'agence officielle Irna. Ces structures doivent permettre de traiter de manière distincte et approfondie les différents aspects des pourparlers.

Les discussions de dimanche en Suisse avaient déjà jeté ce que le vice-président américain JD Vance a qualifié de « bases très solides pour aboutir à un accord final réussi ». Dans la foulée, Washington a annoncé une suspension pour une durée de deux mois des sanctions pesant sur le pétrole iranien.

Le détroit d'Ormuz au cœur des divergences

Malgré ce geste d'apaisement, Téhéran maintient sa position sur le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part importante du pétrole mondial. Le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que la situation dans cette zone ne reviendrait pas à celle d'avant-guerre et que le passage resterait « administré » par l'Iran. Ces propos, rapportés mardi par l'agence Irna, traduisent la volonté de la République islamique de conserver la main sur cette voie d'eau cruciale.

Un calendrier de travail désormais structuré

Avec la mise en place de ces groupes de travail, les deux parties semblent vouloir donner une dimension plus technique et opérationnelle à leurs échanges, après des semaines de tensions. Le groupe dédié au nucléaire devrait notamment aborder la question du programme d'enrichissement d'uranium iranien, tandis que celui chargé de la levée des sanctions examinera les modalités pratiques du retour aux échanges commerciaux normaux pour Téhéran.

Le volet « reconstruction et développement économique » suggère par ailleurs que les discussions ne se limitent pas aux seuls aspects sécuritaires et incluent une dimension de relèvement à plus long terme de l'économie iranienne, durement affectée par les années de sanctions internationales.