Le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens dévoile ce jeudi 4 juin son bilan annuel consacré à la sécurité des officines. Selon les données compilées par l'institution, 468 agressions à l'encontre de pharmaciens ont été enregistrées sur les cinq premiers mois de l'année 2025. Ce total correspond à une moyenne supérieure à un incident par jour.

Huit faits sur dix sont des atteintes verbales.

Dans le détail, 84 % des signalements concernent des injures, des menaces ou des violences psychologiques. Les agressions physiques, moins fréquentes, n'en constituent pas moins un motif de préoccupation pour la profession. L'Ordre souligne que ces épisodes surviennent le plus souvent à la suite d'un refus de délivrance de médicament, d'une impatience du client ou dans le cadre de la dispensation de substances classées comme stupéfiants.

Une baisse par rapport à 2024.

Le nombre d'incidents déclarés en 2025 marque un recul de 12 % par rapport à l'année précédente. En 2024, l'institution avait en effet recensé 532 agressions sur la même période. Cette diminution relative n'empêche pas les pharmaciens de rester vigilants, d'autant que plus de 80 % des atteintes se produisent lorsque les officines sont ouvertes au public.

Un phénomène qui interroge le quotidien des professionnels.

Ces chiffres illustrent les tensions auxquelles sont exposés les professionnels de santé de proximité. Premier recours pour de nombreux patients, les pharmaciens se trouvent en première ligne face à des situations de stress ou de conflit. L'Ordre national de la profession insiste sur la nécessité de mieux protéger les équipes officinales et de sensibiliser le public aux conséquences de ces comportements.

Les données publiées ce jeudi ne précisent pas la répartition géographique des incidents, mais confirment une tendance déjà observée les années précédentes. Les causes principales des altercations restent liées à des refus de vente, à des délais d'attente jugés trop longs ou à des demandes de produits soumis à réglementation stricte.