Le monde agricole s’immisce dans la course à l’Élysée plus tôt que de coutume. Le 59e congrès des Jeunes agriculteurs (JA), ouvert mardi à Bourg-en-Bresse (Ain), sert cette semaine de tribune à plusieurs prétendants déclarés ou présumés à l’élection présidentielle de 2027. Quatre candidats — Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains), Marine Tondelier (Les Écologistes) et Édouard Philippe (Horizons) — ainsi que des représentants du Rassemblement national (Jean-Philippe Tanguy) et de La France insoumise (Aurélie Trouvé) ont été conviés.
À l’exception d’Édouard Philippe, qui ne participera qu’au dîner de gala mercredi soir, les cinq autres responsables politiques seront entendus jeudi, lors de la dernière journée du congrès, par des membres des JA. Ce format d’audition est une première pour le syndicat, qui se félicite de « politiser » son événement. Dans un communiqué, le président sortant des JA, Pierrick Horel, a souligné que « la présence de ces responsables politiques est la preuve de la place majeure acquise par l’agriculture dans l’opinion publique ces dernières années ». Il a ajouté que les JA comptaient « peser dans les débats en 2027, afin que notre futur président de la République se saisisse au mieux durant son mandat des enjeux du renouvellement des générations ».
Un panel politique volontairement large mais lacunaire Pierrick Horel avait précisé la semaine dernière avoir voulu composer un « panel représentatif de la vie politique », bien que plusieurs partis, dont le Parti socialiste, soient absents de la liste des invités.
L’urgence agricole en toile de fond Ce congrès intervient dans un climat de tensions agricoles. Les mouvements de colère des hivers 2024 et 2026, largement soutenus par l’opinion publique, ont contraint les responsables politiques à se positionner sur le dossier. Hasard du calendrier, l’Assemblée nationale a approuvé ce mardi le projet de loi relatif à l’urgence agricole, une mesure réclamée avec insistance par les JA et la FNSEA. Le texte a été adopté par une large majorité (369 voix pour, 178 contre), avec les suffrages des centristes, de la droite et du Rassemblement national, mais sans le soutien des groupes de gauche ni des écologistes. Les deux syndicats agricoles espèrent une adoption définitive avant la pause estivale des travaux parlementaires.
Un rendez-vous électoral traditionnellement tardif Habituellement, l’audition des principaux candidats par les organisations agricoles, menées par la FNSEA, intervient tard dans la campagne, généralement au mois de mars. Cette année, le sujet s’installe dans le débat public près d’un an avant l’échéance présidentielle, signe de la place centrale qu’occupe désormais l’agriculture dans les préoccupations des électeurs et des responsables politiques.