L’élection présidentielle de 2027 compte un nouveau prétendant. Anasse Kazib, cheminot de profession et syndicaliste à SUD Rail, a officiellement fait part de son intention de briguer la magistrature suprême. Il l’a annoncé ce lundi 2 juin via un clip de campagne diffusé sur les réseaux sociaux, dans lequel il expose les grandes lignes de son projet pour le pays.
« Une candidature ouvrière, communiste et révolutionnaire », voilà comment le postulant qualifie sa démarche. Agent de conduite à la SNCF, il entend porter une voix issue du monde du travail et des luttes sociales, à contre-courant des forces politiques traditionnelles qu’il juge éloignées des préoccupations des classes populaires.
La candidature d’Anasse Kazib s’accompagne d’une charge sévère contre les partis de gauche institutionnels, et en particulier contre La France insoumise (LFI), qu’il accuse de n’avoir pas su incarner une véritable rupture avec le système. Ses précédentes prises de position, marquées par une ligne trotskiste assumée, l’avaient déjà éloigné des instances dirigeantes de LFI, après en avoir été un temps proche.
Dans son discours de lancement, le candidat insiste sur la nécessité de refonder une offre politique ancrée dans les réalités des travailleurs, des grévistes et des précaires. Il dénonce les coupes budgétaires dans les services publics, les mesures d’austérité annoncées par les gouvernements qui se sont succédé, et promet de défendre un programme de nationalisations et de planification écologique.
Anasse Kazib n’en est pas à son premier engagement politique. Figure connue des médias pour ses interventions lors de mouvements sociaux — notamment lors des grèves contre la réforme des retraites —, il s’est forgé une réputation de tribun syndical et d’opposant résolu à ce qu’il nomme « le capitalisme et ses politiques libérales ».
Sa candidature, quoique encore marginale dans les sondages, pourrait contribuer à fragmenter davantage un paysage politique de gauche déjà morcelé. En 2022, plusieurs candidatures à la gauche du Parti socialiste — dont celle de Philippe Poutou pour le NPA ou celle de Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière — n’avaient pas dépassé le seuil des 2 % des suffrages exprimés.
Le cheminot devra réunir 500 parrainages d’élus pour pouvoir officiellement figurer sur la ligne de départ du premier tour, prévu en avril 2027. Sans appareil politique structuré ni financement public garantis, cette étape pourrait constituer un obstacle de taille. La question de son positionnement vis-à-vis des autres forces d’extrême gauche reste ouverte, d’autant que son rejet assumé des partis existants rend peu probable une alliance ou un ralliement.
Le monde politique a peu réagi dans l’immédiat à cette annonce, qui intervient alors que les candidatures se multiplient en vue du scrutin. De nombreux observateurs estiment que l’année à venir verra s’affiner les offres politiques, avec une possible recomposition des alliances à gauche et au centre.