Le Conseil d'État a rejeté le recours déposé par une association qui s'opposait au prêt de la tapisserie de Bayeux au Royaume-Uni. L'annonce de cette décision intervient plusieurs mois après que le président Emmanuel Macron a officialisé son intention de confier temporairement ce chef-d'œuvre du patrimoine normand au British Museum de Londres.
Le président de la République avait fait connaître sa décision au mois de juillet de l'année précédente. Cette perspective avait suscité des réactions contrastées, certains acteurs de la société civile et du monde culturel exprimant des réserves quant au déplacement de cette pièce historique hors du territoire français. Une association avait alors introduit un recours devant la juridiction administrative suprême afin de contester la légalité de cette mesure.
En rejetant cette requête, le Conseil d'État confirme la validité du projet de prêt, tel qu'énoncé par l'exécutif. Les motivations de l'association n'ont pas été jugées fondées par les juges, qui ont donc validé le processus engagé par les autorités françaises. Le chemin est désormais libre pour que l'œuvre de près de 70 mètres de long, brodée au XIe siècle et relatant la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, puisse être exposée outre-Manche.
Un projet présidentiel contesté
L'initiative du chef de l'État de prêter la tapisserie au prestigieux musée londonien avait été annoncée plusieurs mois auparavant, suscitant un débat tant sur le plan juridique que patrimonial. Pour certains, le déplacement de l'œuvre, conservée à Bayeux dans un musée dédié, représentait un risque pour sa conservation et soulevait des questions sur le principe d'inaliénabilité des collections publiques françaises. La décision du Conseil d'État met un terme à la contestation judiciaire, en estimant que les conditions juridiques du prêt étaient remplies.
Un symbole historique
La tapisserie de Bayeux, inscrite au registre Mémoire du monde de l'UNESCO, constitue l'un des témoignages les plus célèbres de l'art roman. Elle retrace les événements ayant conduit à la bataille d'Hastings en 1066 et à la conquête normande de l'Angleterre. Son prêt au Royaume-Uni, où elle a déjà été exposée par le passé, est présenté par les autorités françaises comme un geste de coopération culturelle et diplomatique entre les deux pays. La décision du Conseil d'État lève le dernier obstacle juridique à ce transfert, dont les modalités pratiques (date, durée des conditions d'exposition) n'ont pas été précisées dans les annonces officielles.