Le gouvernement a présenté sa feuille de route pour endiguer les accidents professionnels mortels, une initiative qui suscite déjà de vives critiques. Pour les organisations syndicales et les associations de victimes, le dispositif manque d'ambition et ne répond pas à l'ampleur du phénomène.

La nouvelle stratégie nationale s'articule autour de plusieurs axes, parmi lesquels le renforcement des contrôles et l'accompagnement des entreprises les plus exposées aux risques. L'exécutif entend également améliorer la formation à la sécurité et simplifier les démarches déclaratives pour les sinistres graves. Des objectifs chiffrés de réduction du nombre de décès ont été avancés, mais les modalités précises pour y parvenir restent floues aux yeux des détracteurs du plan.

Un bilan toujours lourd

Chaque année, plusieurs centaines de salariés perdent la vie sur leur lieu de travail ou lors de leurs déplacements professionnels. Les secteurs du bâtiment, de l'agriculture et du transport sont particulièrement touchés. Les dernières statistiques officielles disponibles indiquent une stagnation du nombre de décès, ce qui alimente les critiques sur l'efficacité des politiques menées jusqu'à présent.

Des mesures jugées « timides »

Les syndicats reprochent à l'État de ne pas avoir doté la nouvelle stratégie de moyens financiers supplémentaires à la hauteur des enjeux. Ils pointent également l'absence de dispositions contraignantes pour les employeurs récidivistes. « Ce plan ne contient aucune mesure coercitive nouvelle », a regretté un représentant syndical, estimant que les annonces gouvernementales restent en deçà de ce qui serait nécessaire pour inverser la tendance.

De leur côté, les associations de défense des droits des travailleurs dénoncent un « manque de volonté politique ». Elles réclament notamment un durcissement des sanctions pénales en cas de manquement grave aux règles de sécurité, ainsi qu'un meilleur accompagnement des familles de victimes.

Des discussions encore en cours

Le ministère du Travail a précisé que ce plan n'est qu'une première étape et que des consultations avec les partenaires sociaux se poursuivront dans les semaines à venir. L'objectif affiché est d'aboutir à un texte législatif d'ici la fin de l'année. Le gouvernement assure vouloir faire de la prévention des risques professionnels une « priorité nationale ».

Cependant, l'opposition parlementaire a déjà annoncé son intention de déposer des amendements pour renforcer le dispositif. Plusieurs députés estiment que le texte actuel ne permet pas d'atteindre l'objectif de « zéro mort au travail » fixé par le chef de l'État il y a plusieurs années.