Un espoir au milieu de la crise sanitaire
Les autorités sanitaires ont fait état vendredi 29 mai d'une première guérison dans le cadre de l'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC). L'information, confirmée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), intervient alors que le pays fait face à une propagation rapide du virus, compliquée par un contexte sécuritaire dégradé.
« Un patient a quitté l'hôpital », ont indiqué les responsables, sans préciser ni l'identité du malade ni le lieu exact de sa prise en charge. Ce rétablissement constitue un signal positif dans une lutte sanitaire où les décès sont jusqu'ici largement majoritaires.
Un bilan encore lourd et probablement sous-estimé
L'épidémie, déclarée le 15 mai, est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique homologué. Selon les bilans officiels, plus de 1 000 cas suspects ou confirmés ont été recensés, et au moins 246 décès ont été enregistrés. Les autorités sanitaires internationales estiment toutefois que ces chiffres pourraient être très en deçà de la réalité, en raison des difficultés d'accès aux zones touchées.
Conflit armé et obstacles humanitaires
La province de l'Ituri, dans le nord-est du pays, constitue l'épicentre de l'épidémie. Cette région est également le théâtre d'affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales. Le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié la situation de « choc catastrophique entre maladie et conflit », appelant à un « cessez-le-feu immédiat » pour permettre aux équipes médicales d'accéder aux populations.
« L'arrêt de cette transmission d'Ebola dépend entièrement de l'accès humanitaire », a-t-il souligné, relevant que les déplacements massifs de population vers des camps surpeuplés et les attaques contre les établissements de santé entravent le suivi des cas et de leurs contacts.
Arrivée du chef de l'OMS et message de soutien
Tedros Adhanom Ghebreyesus est arrivé jeudi soir à Kinshasa. Il doit se rendre vendredi à Bunia, capitale de l'Ituri. « Même si la situation est complexe, je pense qu'on peut arrêter cette chose », a-t-il déclaré devant la presse à sa descente d'avion. Dans une lettre ouverte publiée sur X, il a adressé un message aux Congolais : « Vous n'êtes pas seuls. Je sais que beaucoup d'entre vous sont épuisés. »
Pas de restriction de voyage recommandée
Alors que l'Ouganda et le Rwanda ont fermé leurs frontières avec la RDC, et que les États-Unis ont mis en place un centre de quarantaine au Kenya pour leurs ressortissants exposés, le chef de l'OMS a réitéré que son organisation ne recommande pas l'interdiction de voyager, jugeant ces mesures inefficaces pour endiguer l'épidémie.
Un vaccin espéré d'ici la fin de l'année
Face à l'absence de vaccin contre la souche Bundibugyo, l'agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC), par la voix de son directeur Jean Kaseya, s'est engagée à ce qu'un vaccin et un traitement soient disponibles « d'ici la fin de l'année 2026 ». L'OMS a également annoncé que ses groupes consultatifs avaient recommandé des essais cliniques pour plusieurs candidats vaccins et traitements.
Il s'agit de la 17e épidémie de maladie Ebola en RDC, un pays parmi les plus pauvres du monde. La maladie provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, avec un taux de létalité pouvant atteindre 50 %.