Un drone naval sans pilote a secouru deux pilotes américains dont l'hélicoptère de combat s'est écrasé dans les eaux du détroit d'Ormuz, une première dans l'histoire militaire des États-Unis. L'appareil, un AH-64 Apache, patrouillait près des côtes omanaises lorsqu'il a chuté lundi 8 juin, selon des informations communiquées par le commandement central américain (Centcom).

Les deux membres d'équipage ont été récupérés sains et saufs environ deux heures après l'accident, a précisé Centcom dans un communiqué. L'opération de sauvetage a été dirigée par le commandement des forces navales américaines au Moyen-Orient et la 82e division aéroportée, avec le soutien de l'armée de l'air et de la marine, notamment la Task Force 59, une unité basée à Bahreïn spécialisée dans l'intégration de drones aériens, de surface et sous-marins.

Selon des responsables militaires américains ayant requis l'anonymat, le drone utilisé est un engin de surface sans équipage exploité par la Task Force 59. Il s'agirait d'un véhicule rapide au design proche d'un hors-bord. Les autorités n'ont pas précisé le modèle exact de l'appareil. Cette opération constitue la première fois que l'armée américaine emploie un drone pour secourir des personnes en mer, ont indiqué ces mêmes sources.

Les causes de la chute de l'hélicoptère restent à déterminer. L'enquête en cours devra établir s'il s'agit d'une défaillance mécanique, d'un problème technique ou d'un tir ennemi. Le président Donald Trump a déclaré aux journalistes que les deux pilotes se portaient bien et qu'un rapport serait publié ultérieurement.

Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part importante du pétrole mondial, est le théâtre de tensions accrues entre les États-Unis et l'Iran. Depuis l'attaque conjointe américano-israélienne du 28 février 2026, le trafic y est quasiment interrompu. Téhéran a revendiqué un droit de contrôle sur les navires franchissant le détroit et a instauré un système de péage, tandis que la marine américaine impose depuis avril un blocus aux bâtiments à destination ou en provenance des ports iraniens.

Dans ce contexte, les hélicoptères Apache sont régulièrement déployés pour patrouiller et neutraliser les petites embarcations utilisées par les Gardiens de la révolution iraniens. Le 4 mai, des Apaches ont participé à la destruction de six bateaux iraniens qui menaçaient le trafic commercial. L'incident de lundi pourrait relancer les interrogations sur la vulnérabilité de ces appareils face aux défenses côtières iraniennes.

Au-delà de l'immédiat, ce sauvetage par drone ouvre des perspectives pour les opérations de recherche et de sauvetage en milieu maritime. Des analystes militaires estiment que ce type d'engin, pré-positionné le long de trajectoires de vol fréquentées, pourrait être déployé à grande échelle dans des zones de conflit, notamment dans le Pacifique où les forces américaines se préparent à d'éventuelles confrontations avec la marine chinoise. Le Pentagone pourrait ainsi intégrer ces drones à ses futures capacités de sauvetage au combat.