Des réquisitions lourdes pour une « officine criminelle »

Le parquet a prononcé, mardi 8 juillet 2026, ses réquisitions à l’issue de plusieurs semaines de débats devant la cour d’assises de Paris. Sur les vingt-deux prévenus renvoyés en procès dans le cadre du dossier Athanor, dix-neuf se voient réclamer des peines de prison ferme, dont certaines atteignent trente ans de réclusion criminelle. Trois autres accusés, en revanche, font l’objet d’une demande d’acquittement pur et simple de la part de l’accusation.

Le procès, ouvert depuis plusieurs mois, porte sur les activités d’une loge maçonnique qualifiée par les enquêteurs d’« officine criminelle ». Les investigations, menées sous l’égide du juge d’instruction, avaient mis au jour un réseau structuré dont les membres sont soupçonnés d’avoir participé à une série d’infractions graves : extorsions, escroqueries en bande organisée, abus de confiance, faux et usage de faux, ainsi que des faits de trafic d’influence et de corruption. Selon l’ordonnance de renvoi, plusieurs prévenus auraient utilisé leur appartenance à la loge pour nouer des relations d’affaires occultes et commettre des délits financiers de grande ampleur.

Des peines échelonnées selon le rôle de chacun

L’accusation a individualisé les réquisitions en fonction de la gravité des faits reprochés à chaque mis en cause. Pour les têtes de réseau présumées, la peine maximale de trente ans de réclusion a été demandée. D’autres prévenus, considérés comme des exécutants ou des complices, se voient réclamer des peines comprises entre cinq et quinze ans d’emprisonnement. Le parquet a également sollicité l’interdiction définitive du territoire national pour les ressortissants étrangers impliqués, ainsi que des amendes substantielles et la confiscation des avoirs criminels.

Trois acquittements requis faute de preuves suffisantes

À l’opposé, le ministère public a estimé que les charges retenues contre trois des accusés n’étaient pas suffisamment étayées pour justifier une condamnation. Pour ces derniers, la relaxe a donc été plaidée, bien que leur présence dans le dossier ait justifié leur renvoi devant la cour criminelle. La défense de ces trois prévenus devrait plaider en ce sens lors des prochaines audiences.

Un contexte judiciaire sensible

Le dossier Athanor, du nom de la loge maçonnique concernée, avait défrayé la chronique dès l’ouverture de l’information judiciaire, en raison des personnalités impliquées – avocats, chefs d’entreprise, magistrats et anciens responsables publics – et de l’ampleur présumée des malversations. Au fil de l’enquête, plusieurs perquisitions avaient été menées dans des cabinets d’affaires parisiens et des locaux associatifs liés à la franc-maçonnerie. Les investigations auraient permis de mettre en évidence un système de corruption et de trafic d’influence au sein de l’institution judiciaire et administrative.

L’audience se poursuit cette semaine avec les plaidoiries des avocats de la défense. La cour devrait rendre son délibéré dans les semaines à venir, après avoir entendu les derniers témoins et experts. Ce procès, suivi de près par les observateurs de la vie judiciaire, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les infiltrations criminelles au sein d’organisations réputées discrètes.