Le parquet a requis, mardi 9 juin à Rennes, une peine de trente ans de réclusion criminelle à l'encontre du principal accusé dans l'affaire de la tentative d'assassinat du blogueur dissident azerbaïdjanais Mahammad Mirzali, survenue en mars 2021 à Nantes. Les débats se déroulent devant une cour d'assises spéciale.
L'avocat général Vincent Mailly a estimé que le principal accusé, Emin Gasimov, a mis au service de ce projet toute la puissance du groupe criminel auquel il est affilié pour tuer la victime. Il a souligné que les trois hommes partageaient une adhésion commune à la confrérie des Vor, les voleurs dans la loi. Une peine de vingt-deux ans de prison a été réclamée pour les deux autres membres présumés du commando.
Le récit glaçant de la victime
Mahammad Mirzali, âgé de 32 ans, a relaté devant la cour les instants de terreur vécus en mars 2021, lorsqu'il a été lardé de coups de couteau en plein centre-ville de Nantes par trois agresseurs. Il a qualifié cette agression de crime politique, affirmant que l'ordre viendrait des plus hautes sphères politiques de l'Azerbaïdjan. Le blogueur, qui anime une chaîne YouTube et un blog réunissant des centaines de milliers d'abonnés, est réfugié politique en France depuis 2016. Il a décrit son parcours difficile de dissident, d'abord dans son pays d'origine, puis en France.
L'avocat général a insisté sur la finalité du commando : administrer une correction ou tuer ? Il a soutenu que la volonté du commando était de donner la mort, les coups ayant été portés dans une zone vitale. Son réquisitoire a été prononcé après plusieurs jours d'audience.
La position de la défense
L'avocat du principal accusé, Me Thierry Fillion, a contesté cette analyse. Il a fait valoir que si les hommes avaient véritablement voulu tuer la victime, étant décrits comme des criminels endurcis et très organisés, ils y seraient parvenus sans difficulté. La peine de trente ans de réclusion lui semble disproportionnée.
Les autres accusés
Neuf personnes sont jugées dans ce dossier. Outre les trois membres présumés du commando, six hommes sont accusés de les avoir aidés dans leur entreprise criminelle à travers l'Europe, notamment pour la logistique et l'exfiltration. Tous sont de nationalité ou d'origine azerbaïdjanaise. Pour cinq d'entre eux, l'avocat général a requis l'acquittement ou des peines allant de cinq à dix-huit ans de prison.
Le verdict attendu
La cour d'assises spéciale de Rennes rendra son verdict en fin de semaine. Les débats se poursuivent jusqu'à la délibération finale.