Le procès en appel de l’ancien praticien rwandais Eugène Rwamucyo s’ouvre ce mardi 9 juin devant la cour d’assises de Paris. Jugé une première fois en 2024, il avait été reconnu coupable de complicité de génocide et de complicité de crimes contre l’humanité pour des faits commis durant le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. La peine prononcée en première instance – vingt-sept années de réclusion criminelle – est désormais soumise au réexamen de la juridiction d’appel.
Un médecin accusé d’avoir participé aux massacres
Né au Rwanda, Eugène Rwamucyo exerçait la médecine dans son pays au moment du génocide. Selon l’acte d’accusation, il aurait activement participé à l’organisation et à l’exécution des tueries perpétrées contre la population tutsie. Les charges retenues contre lui englobent des actes de complicité directe, notamment en fournissant un soutien logistique et en incitant à la violence. Après les événements de 1994, il avait fui le Rwanda et s’était installé en France, où il a exercé comme médecin jusqu’à son interpellation.
Un recours examiné par la justice française
La procédure en appel permet à la défense de contester tant la culpabilité que la sévérité de la peine. L’avocat d’Eugène Rwamucyo plaide l’innocence de son client et critique les éléments de preuve présentés en première instance, estimant qu’ils ne démontrent pas un engagement personnel dans les crimes. De son côté, le parquet général a requis la confirmation de la condamnation et sollicite la réclusion criminelle à perpétuité, estimant que la gravité des faits justifie une peine maximale.
Les enjeux du procès en appel
Ce nouveau procès s’inscrit dans la série de poursuites engagées par la justice française contre des auteurs présumés du génocide rwandais résidant sur le territoire national. Il intervient alors que plusieurs affaires similaires ont abouti à des condamnations ces dernières années, dans le cadre de la compétence universelle reconnue à la France pour juger les crimes de génocide. La décision de la cour d’assises est attendue après plusieurs semaines d’audience, durant lesquelles des témoins et des experts seront entendus.
Un jugement qui fera jurisprudence
Au-delà du cas individuel, ce procès en appel revêt une importance symbolique pour les rescapés du génocide et leurs familles. Il illustre la volonté des autorités judiciaires françaises de ne pas laisser impunis les responsables de massacres de masse, même plusieurs décennies après les faits. La défense d’Eugène Rwamucyo continue quant à elle de contester les charges, et l’issue du procès reste incertaine. La cour d’assises de Paris rendra son verdict à une date ultérieure, après délibéré.