Le gouvernement a annoncé la reconduction de la fermeture du golfe de Gascogne pour une partie de l'hiver prochain, une mesure destinée à protéger les populations de dauphins des captures accidentelles par les engins de pêche. Cette décision, rendue publique ces derniers jours, prévoit une nouvelle période sans activité halieutique dans cette zone maritime au cours de l'année 2027.
Une mesure déjà expérimentée
Cette interdiction s'inscrit dans la continuité des dispositifs mis en place précédemment. L'hiver dernier, une première fermeture temporaire avait déjà été décrétée dans le golfe de Gascogne, suscitant des débats au sein de la profession et parmi les défenseurs de l'environnement. Les autorités avaient alors constaté une baisse significative des échouages de dauphins durant la période d'arrêt de la pêche. Fort de ce constat, le gouvernement a choisi de renouveler l'expérience pour l'hiver 2027, avec une période d'interdiction qui s'étendra sur plusieurs semaines.
Un fonds d'indemnisation pour la filière pêche
Afin de compenser les pertes d'exploitation subies par les marins-pêcheurs et les armateurs, l'État a débloqué une enveloppe de près de 21 millions d'euros. Ce montant doit servir à indemniser les professionnels contraints de rester à quai durant la fermeture. Les modalités de répartition de ces fonds n'ont pas encore été détaillées, mais le gouvernement assure que l'objectif est de soutenir l'ensemble de la filière, des petits navires côtiers aux flottilles hauturières. Les organisations syndicales du secteur avaient réclamé des garanties financières avant d'accepter une nouvelle période d'interdiction.
Un enjeu écologique et économique
Le golfe de Gascogne est une zone de forte concentration de cétacés, notamment de dauphins communs, qui y trouvent des ressources alimentaires abondantes. Les collisions avec les filets de pêche constituent l'une des premières causes de mortalité non naturelle pour ces mammifères marins. Selon les observateurs scientifiques, les épisodes d'échouages massifs sur les côtes atlantiques françaises se sont multipliés ces dernières années, avec des pics atteignant plusieurs centaines de cadavres par hiver. Les associations environnementales saluent la reconduction de la fermeture, tout en appelant à des mesures structurelles plus pérennes, comme le développement de dispositifs d'effarouchement acoustique ou la modification des engins de pêche.
Les réactions contrastées des acteurs
Du côté des pêcheurs, les avis restent partagés. Si certains reconnaissent la nécessité de préserver la ressource et l'image de la profession, d'autres dénoncent une mesure punitive qui fragilise des entreprises déjà confrontées à la hausse du gazole et aux contraintes réglementaires européennes. Le comité régional des pêches a indiqué qu'il suivrait de près la mise en œuvre des indemnisations. Les scientifiques, quant à eux, estiment que cette fermeture hivernale, bien que bénéfique, ne résoudra pas à elle seule le problème des captures accidentelles, qui dépend aussi de la saisonnalité des migrations des dauphins et des techniques de pêche employées le reste de l'année.
Un calendrier fixé pour 2027
La période exacte de fermeture pour l'hiver 2027 sera précisée par arrêté ministériel dans les prochains mois. L'exécutif a indiqué qu'il s'appuierait sur les recommandations du Conseil national de la protection de la nature et sur les données recueillies lors des précédentes interdictions. La mesure s'inscrit dans le cadre du plan d'action national pour la protection des mammifères marins, qui vise à réduire de 80 % les captures accidentelles d'ici 2030.
Les négociations avec la Commission européenne sur les aides d'État destinées à compenser les pertes liées à ces fermetures sont en cours, Paris espérant obtenir un feu vert rapide de Bruxelles. En attendant, les professionnels de la mer scrutent les annonces du gouvernement, conscients que l'équilibre entre sauvegarde des dauphins et viabilité économique des ports de l'Atlantique reste fragile.