L'Union européenne a franchi une nouvelle étape dans sa politique migratoire en validant, lundi, un compromis politique autorisant la mise en place de « hubs de retour » dans des pays tiers. Ces centres extraterritoriaux auront vocation à accueillir les étrangers en situation irrégulière après leur expulsion du territoire européen. L'accord, trouvé entre les eurodéputés et les représentants des Vingt-sept, doit encore être soumis au vote du Parlement européen et du Conseil de l'UE avant d'entrer en vigueur.
Un mécanisme de renvoi externalisé
Concrètement, ces plateformes seraient installées dans des États partenaires situés hors de l'Union. Leur objectif est de centraliser le traitement des personnes déboutées du droit d'asile ou en séjour illégal, en attendant leur réacheminement vers leur pays d'origine. Les détails de l'accord prévoient que les conditions d'accueil et les garanties juridiques devront être définies dans des accords bilatéraux entre chaque État membre et le pays hôte. Aucun nom de pays tiers n'a pour l'instant été officiellement avancé, mais des discussions exploratoires avec plusieurs nations africaines et balkaniques ont été évoquées.
Un texte clivant
La droite et l'extrême droite européenne voient dans ce dispositif un outil efficace pour dissuader les traversées irrégulières et réduire la pression sur les centres de rétention nationaux. À l'inverse, des organisations de défense des droits humains dénoncent un possible « externalisation des responsabilités » et craignent des violations des droits fondamentaux, notamment en matière de détention arbitraire et d'accès à l'aide juridique. Plusieurs ONG ont appelé les eurodéputés à rejeter le texte lors du vote final.
Prochaines étapes
Le Parlement européen devrait se prononcer dans les prochaines semaines. Si le texte est adopté, les États membres disposeront d'un cadre juridique pour négocier des accords avec des pays partenaires. La Commission européenne, qui a piloté le dossier, insiste sur la nécessité de garantir le respect du droit international et des conventions sur les réfugiés. En attendant, le compromis suscite déjà des débats houleux au sein de l'hémicycle, où la gauche dénonce une atteinte aux valeurs de l'UE.