Arrestation et détention

Le cinéaste et musicien El Mahdi Lyoubi, âgé de 34 ans et plus connu sous le nom de scène Mehdi Black Wind, a été interpellé à Casablanca le 13 juillet dernier. Selon des informations concordantes, il avait été notifié quelques jours plus tôt d'une interdiction de quitter le territoire marocain alors qu'il s'apprêtait à embarquer à l'aéroport de Rabat pour la France, où il réside depuis près d'une décennie. Convoqué par la police judiciaire de Casablanca, il a été placé en garde à vue avant d'être déféré en comparution immédiate devant un tribunal. L'audience a été renvoyée au 22 juillet afin de permettre à l'artiste de constituer sa défense, ses avocats étant en grève depuis un mois dans tout le pays. Il est actuellement détenu dans une prison de Casablanca.

Une figure du mouvement GenZ 212

El Mahdi Lyoubi est une figure reconnue du mouvement de jeunesse marocain GenZ 212, qui rassemble des jeunes critiques de la société et des inégalités. Ses textes et ses prises de position artistiques lui ont valu une certaine notoriété dans les milieux indépendants. La tribune publiée pour demander sa remise en liberté affirme que son arrestation serait liée à ses créations et à ses publications sur les réseaux sociaux, sans que les chefs d'accusation aient été officiellement communiqués par les autorités.

Mobilisation des artistes et des défenseurs des droits

Plus de 500 artistes, selon certaines sources, ou plus de 700 acteurs culturels, selon d'autres estimations, ont signé une tribune exigeant la « libération immédiate » du rappeur et réalisateur. Parmi les signataires figurent le cinéaste marocain Faouzi Bensaidi, ainsi que les actrices françaises Adèle Haenel et Aïssa Maïga. L'Association marocaine des droits humains (AMDH) a également appelé à sa libération et à l'arrêt de ce qu'elle qualifie de politique de restriction visant les voix critiques, dans un communiqué publié mardi.

Contexte de répression

Cette arrestation intervient dans un climat de durcissement à l'égard des opposants et des critiques du régime. Le même jour, le journaliste Ali Lmrabet, figure connue pour ses positions contestataires, a été libéré après avoir été placé en garde à vue. Des militants estiment que les autorités marocaines multiplient les actions contre les mouvements de protestation et les artistes engagés, dans un effort pour étouffer les voix dissidentes. Le mouvement GenZ 212, en particulier, est visé par ces mesures.