La maternité du centre hospitalier de Tyr a été directement touchée par des frappes aériennes israéliennes, provoquant la mort de six personnes et l'interruption forcée d'un accouchement qui se déroulait au moment de l'impact, ont indiqué les autorités locales. L'attaque, survenue dans la matinée, a également blessé plusieurs membres du personnel soignant et des patientes.

Selon la protection civile libanaise, le bilan global des raids menés par l'armée israélienne sur la région de Tyr s'élève à au moins quatorze morts. Les frappes ont visé plusieurs quartiers résidentiels et des infrastructures civiles, dont l'établissement de santé spécialisé dans les soins maternels et infantiles.

Des soignants sous le feu

Le personnel médical a rapporté des scènes de chaos immédiatement après l'explosion. « Nous étions en plein accouchement quand le bâtiment a tremblé. Le plafond s'est effondré sur la salle », a déclaré un obstétricien de l'hôpital, confirmant que la mère et l'enfant à naître font partie des victimes. Les secouristes ont dû dégager les décombres à mains nues avant l'arrivée des engins de chantier.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a condamné l'attaque, rappelant que les hôpitaux et le personnel soignant sont protégés par le droit international humanitaire. Une équipe d'urgence de l'OMS se trouvait dans la zone au moment des faits et a participé à l'évacuation des blessés vers d'autres établissements.

Contexte régional tendu

Ces frappes interviennent dans un contexte d'intensification des échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah le long de la frontière sud du Liban. La ville de Tyr, située à une vingtaine de kilomètres de la ligne de démarcation, est régulièrement visée depuis plusieurs semaines. Les autorités libanaises dénoncent des tirs qui touchent des zones civiles, tandis que l'armée israélienne affirme cibler des positions militaires du Hezbollah.

Des habitants de Tyr ont fui la zone après les bombardements, rejoignant les quelque cent mille personnes déjà déplacées dans le sud du pays depuis le début de l'escalade. Les écoles et les mosquées ont été transformées en abris d'urgence par les autorités locales.

Réactions internationales

Plusieurs capitales occidentales ont appelé à la retenue et à une désescalade immédiate. Le secrétaire général des Nations unies a exprimé sa « profonde préoccupation » et réclamé une enquête indépendante sur le ciblage de la maternité. La Ligue arabe a dénoncé un « crime de guerre » et saisi le Conseil de sécurité.

Pour l'instant, l'armée israélienne n'a pas commenté spécifiquement l'attaque de la maternité, mais a réaffirmé dans un communiqué que ses opérations visent « uniquement des objectifs militaires » et respectent le droit international. Les humanitaires sur place jugent cet argument irrecevable au vu de la localisation et de la fonction de l'établissement touché.

Enquête et conséquences

La Croix-Rouge libanaise a dépêché des équipes de recherche supplémentaires pour s'assurer qu'aucune personne ne reste coincée sous les gravats. Le bilan pourrait s'alourdir dans les prochaines heures, plusieurs blessés se trouvant dans un état critique.

Cette attaque marque l'une des premières fois qu'une structure sanitaire dédiée à la maternité est directement visée dans le conflit, suscitant une émotion particulière au Liban et à l'international. Des rassemblements de protestation ont eu lieu dans plusieurs villes libanaises, les manifestants accusant Israël de violer délibérément les conventions de Genève.