Un accord diplomatique entre l'Ukraine et la Hongrie ouvre la voie à une avancée majeure dans le processus d'élargissement de l'Union européenne. Selon les termes de cet accord, Budapest accepte de retirer son opposition à l'ouverture des pourparlers d'adhésion avec Kyiv, en échange de garanties renforcées pour les droits de la minorité ethnique hongroise vivant en Ukraine.
La levée du veto hongrois, longtemps considéré comme un obstacle central, permet désormais d'envisager la tenue d'une conférence intergouvernementale destinée à lancer formellement les négociations. Toutefois, la Hongrie maintient ses réserves sur un calendrier accéléré : elle refuse que l'accession ukrainienne soit traitée de manière rapide, privilégiant un processus standard respectant les critères d'évaluation habituels.
Ce compromis intervient après des mois de tensions entre les deux capitales, notamment autour des questions linguistiques et éducatives. L'Ukraine avait récemment adopté des amendements législatifs visant à garantir l'usage de la langue hongroise dans les régions où cette minorité est concentrée. La Hongrie avait conditionné son soutien à l'avancée européenne de Kyiv à des progrès tangibles sur ce dossier.
L'accord marque une étape importante pour l'Ukraine, qui cherche à accélérer son intégration européenne depuis le début du conflit avec la Russie. L'obtention du statut de candidat en juin 2022 avait déjà représenté un signal fort. L'ouverture des négociations, si elle se confirme, constituerait une nouvelle avancée symbolique et politique.
Du côté de Bruxelles, cette évolution est perçue comme un signe de la capacité de l'Union à surmonter ses divisions internes face aux enjeux géopolitiques. La décision finale sur le lancement des pourparlers revient aux Vingt-Sept, qui devront se prononcer à l'unanimité. L'accord avec Budapest réduit les risques de blocage, mais la Hongrie conserve une position critique sur le rythme du processus.