Les résultats des concours de l'enseignement pour la session 2026 ont été rendus publics jeudi 9 juillet, affichant une progression spectaculaire du nombre de lauréats. Ils sont 24 351 candidats admis, contre 16 311 un an plus tôt, soit une hausse de 49,3 %, pour 25 043 postes ouverts, contre 18 000 en 2025. Dans le premier degré, le taux de couverture atteint 98,5 % au niveau national, contre 92,1 % l'an passé.
Cette embellie intervient dans le cadre de la réforme des concours de l'enseignement, qui permet pour la première fois aux étudiants en fin de licence (bac+3) comme en fin de master de candidater. Jusqu'alors, seuls les titulaires d'un master pouvaient se présenter. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a salué ce jeudi sur RMC « des chiffres encourageants », affirmant que « la courbe est en train de s'inverser ». Il s'est félicité que « les recrutements reprennent des couleurs » et a assuré qu'il y aurait « assez de professeurs » pour la rentrée prochaine. Les lauréats issus de la licence représentent 53 % des admis, et bénéficieront de deux années rémunérées de formation en master MEEF (1 400 euros en master 1, 1 800 en master 2).
Pour les syndicats, pourtant, ce tableau doit être nuancé. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré, parle d'un « trompe-l'œil ». « Il est assez logique qu'il y ait plus de candidats puisque deux concours existent, explique-t-elle. L'inverse aurait inquiété. » Elle estime qu'il faut attendre la fin de la période transitoire, prévue en 2028, pour juger si la réforme attire réellement davantage d'étudiants vers le métier. Les syndicats rappellent également que le nombre de postes offerts a été réduit de 415 par rapport à l'année dernière, ce qui facilite mécaniquement l'augmentation du taux de réussite.
La réforme semble toutefois avoir permis de combler certains déficits criants. Dans le second degré, des disciplines historiquement en tension enregistrent une amélioration sensible : les mathématiques passent de 74 % de postes pourvus en 2025 à 93 % en 2026, et les lettres modernes de 88 % à 96 %. Des académies comme Créteil ou Mayotte, qui peinaient à recruter, affichent désormais 100 % de postes pourvus dans le premier degré. Le ministre y voit la preuve que « la réforme peut susciter un certain nombre d'interrogations, que nous sommes en mesure de lever ».
Malgré ces signaux positifs, des zones d'ombre demeurent. Le taux de couverture global n'atteint pas 100 %, ce qui signifie que plusieurs centaines de postes restent vacants. Par ailleurs, la baisse du nombre de postes ouverts cette année – conséquence des coupes budgétaires – réduit la portée de la comparaison avec les années précédentes. Les syndicats soulignent que la réforme ne résout pas les problèmes d'attractivité du métier, notamment les salaires et les conditions de travail, qui continuent de freiner les vocations. La rentrée 2026 sera le premier test grandeur nature pour ces nouveaux enseignants formés en deux ans, et le ministère devra veiller à leur accompagnement sur le terrain.