Un groupe de députés britanniques siégeant à la commission de la santé et des affaires sociales a officiellement demandé au gouvernement travailliste de résilier un contrat de 330 millions de livres sterling liant le service de santé national (NHS) à la société américaine de logiciels Palantir. La demande, rendue publique le 9 juillet 2026, s'appuie sur un constat de « méfiance sérieuse » à l'égard du géant technologique, dont les pratiques en matière de protection des données et de transparence suscitent l'inquiétude.
Les parlementaires estiment que le NHS devrait dès à présent entamer les démarches nécessaires pour se défaire de la plateforme Palantir, en préparant une sortie organisée du contrat avant son terme prévu en 2027. Selon les sources disponibles, la commission recommande que le ministère de la santé lance un processus de transition sans attendre la fin de l'accord commercial.
Des critiques sur la gestion des données de santé
Ce contrat, conclu sous le précédent gouvernement conservateur, vise à fournir une infrastructure logicielle permettant le traitement et le partage de données massives au sein du NHS. Les détracteurs du projet pointent du doigt les antécédents de Palantir, notamment ses collaborations avec des agences de renseignement et des forces de l'ordre américaines, estimant que la santé publique ne saurait être confiée à une entreprise dont la réputation est controversée en matière de respect de la vie privée.
Les députés de la commission ont souligné que le niveau de défiance envers Palantir est désormais trop élevé pour que le partenariat puisse se poursuivre dans de bonnes conditions. Ils appellent donc les responsables du NHS et les ministres concernés à explorer des alternatives, en privilégiant des solutions open source ou développées en interne, afin de garantir la souveraineté numérique du système de santé.
Un contexte politique tendu
Cette prise de position intervient dans un climat politique où la question de la souveraineté technologique et de la dépendance vis-à-vis d'acteurs étrangers est devenue centrale. Le parti travailliste, arrivé au pouvoir en 2024, avait promis une révision des contrats publics les plus sensibles. Le dossier Palantir cristallise les oppositions : d'un côté, les partisans d'une modernisation rapide du NHS par le recours à l'intelligence artificielle et à l'analyse de données ; de l'autre, les défenseurs d'une approche plus prudente, soucieuse de protéger les données personnelles des patients.
Ni le gouvernement britannique ni la direction de Palantir n'ont pour l'heure officiellement réagi à l'appel des députés. Le contrat court jusqu'en 2027, mais les travaux préparatoires à une éventuelle rupture pourraient débuter dans les prochains mois, si l'exécutif suit l'avis de la commission parlementaire.
Quelles suites possibles ?
La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Il dispose de plusieurs options : il peut décider de maintenir le contrat jusqu'à son terme, chercher à renégocier certaines clauses, ou bien entamer le processus de résiliation anticipé. Dans le cadre de cette dernière hypothèse, le NHS devrait identifier et déployer une solution alternative capable de prendre le relais sans perturber les services cliniques.
La question de la protection des données de santé reste au cœur du débat public britannique, et la pression des parlementaires pourrait conduire à un changement de cap. L'issue de ce dossier sera scrutée de près, tant par les acteurs du secteur de la santé que par les entreprises technologiques qui espèrent décrocher des contrats similaires.