Le Japon a redémarré le réacteur n°6 de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde, afin de répondre à la forte demande d'électricité provoquée par la crise pétrolière mondiale. Ce redémarrage, intervenu plus tôt dans l'année, vise à encourager la remise en service d'autres réacteurs dans le pays. Cependant, cette décision met en lumière un problème majeur : le manque d'espace pour entreposer le combustible nucléaire usé et l'absence de plan définitif pour l'élimination des déchets radioactifs.

Des capacités de stockage proches de la saturation

Selon la Fédération des compagnies d'électricité du Japon, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa fait partie des trois sites dont les piscines de refroidissement seront saturées d'ici cinq ans. Cette situation soulève des doutes quant à la pérennité de la production d'électricité nucléaire. Le directeur général du site, Takeyuki Inagaki, a déclaré : « Sans plans solides de gestion du combustible, notre production d'électricité s'arrêtera tôt ou tard. »

Vers un site de stockage permanent sur une île isolée

Après des décennies de recherches infructueuses pour un lieu de stockage permanent des déchets hautement radioactifs, le gouvernement japonais envisage d'utiliser l'île de Minamitorishima, un territoire isolé du Pacifique situé au sud de Tokyo. Ce projet suscite toutefois des critiques et du scepticisme, en raison de la gestion jugée arbitraire des combustibles usés et des déchets radioactifs par les autorités nippones.

Un programme nucléaire toujours marqué par Fukushima

Depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011, provoquée par un séisme de magnitude 9,0 suivi d'un tsunami qui a entraîné la fusion de trois réacteurs de la Compagnie d'électricité de Tokyo (TEPCO), seulement 15 des 54 réacteurs japonais ont été relancés. L'accident avait contraint environ 160 000 personnes à fuir la région de Fukushima, dont certaines zones demeurent inhabitables. Le redémarrage de Kashiwazaki-Kariwa s'inscrit dans un effort plus large pour relancer la filière nucléaire, mais il ravive les craintes liées à la gestion des déchets, un problème non résolu qui pourrait compromettre l'avenir de l'énergie atomique dans l'archipel.