Le parti Reform UK a une fois de plus surclassé ses concurrents en matière de financement privé, engrangeant 9 millions de livres (environ 10,5 millions d’euros) au cours des trois premiers mois de 2026. Selon les données officielles publiées jeudi, cette somme provient en grande partie de deux figures du monde des cryptomonnaies : Christopher Harborne et Ben Delo, qui ont respectivement versé 3 millions et 4 millions de livres.
Ces deux contributions représentent à elles seules près d’un tiers de l’ensemble des dons privés reçus par les partis politiques britanniques sur la période. Avec un total de 9 millions de livres, Reform UK a récolté plus du double des montants enregistrés par le Parti travailliste et le Parti conservateur, chacun ayant reçu environ 4 millions de livres de dons privés.
Des donateurs récurrents
Christopher Harborne, investisseur dans l’aviation et les cryptomonnaies, possède la double nationalité britannique et thaïlandaise. Son don de 3 millions de livres porte à 15 millions le total de ses versements à Reform UK. Ben Delo, entrepreneur spécialisé dans les monnaies numériques, effectue quant à lui son don depuis Hong Kong, où il était basé, avec l’intention de se relocaliser au Royaume-Uni.
Le parti de Nigel Farage occupe ainsi la première place du classement des financements politiques pour le troisième trimestre consécutif. Cette performance intervient alors que les dons privés globaux aux partis britanniques ont atteint leur plus haut niveau, avec un afflux record de fonds en provenance des milieux de la finance décentralisée.
Implications politiques
Cette manne financière confère à Reform UK une capacité de dépense nettement supérieure à celle de ses rivaux pour les campagnes électorales à venir. Les travaillistes et les conservateurs, bien qu’ayant également reçu des dons significatifs, peinent à suivre le rythme imposé par le parti anti-immigration et eurosceptique.
Les observateurs notent que l’afflux d’argent des cryptomonnaies soulève des questions sur la transparence et l’origine des fonds, même si les dons déclarés respectent les plafonds légaux en vigueur. Pour l’instant, aucune réglementation spécifique n’encadre les contributions en actifs numériques, ce qui pourrait alimenter les débats sur une réforme du financement politique.