Un phénomène qui s’accélère
Les refus de contrôle sur les routes françaises ont connu une progression marquée en 2025. Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a dévoilé le 17 juin 2026 des chiffres qui montrent une hausse de 9 % du nombre total de délits de refus de contrôle routier par rapport à l’année précédente. Au total, 36 900 infractions de cette nature ont été enregistrées par les forces de l’ordre.
Parmi elles, les refus d’obtempérer – qui constituent la catégorie la plus fréquente – ont augmenté de 10 % pour atteindre environ 28 000 cas recensés. La forme aggravée de ce délit a même bondi de 16 %. Le rapport précise que cette augmentation est nettement supérieure à la tendance observée sur la dernière décennie : entre 2016 et 2025, la progression annuelle moyenne était de l’ordre de 2 %, soit sept points de moins que le rythme actuel.
Des profils et des territoires plus exposés
Le document officiel met en lumière des caractéristiques sociodémographiques récurrentes chez les auteurs de ces infractions. Il s’agit majoritairement d’hommes de moins de 30 ans, et les faits se produisent surtout en soirée, avec un pic d’intensité entre 23 heures et 1 heure du matin.
Sur le plan géographique, les territoires ultramarins apparaissent comme des zones où la prévalence de ces délits est particulièrement élevée. La Guadeloupe et la Martinique sont explicitement citées par le rapport comme des départements où les refus de contrôle routier sont plus fréquents. À l’échelle nationale, les communes urbaines concentrent l’essentiel de ces infractions.
Un champ d’analyse élargi
Le SSMSI rappelle que la définition statistique du « refus de contrôle routier » ne se limite pas aux seuls refus d’obtempérer. Elle englobe également le refus de se soumettre à un dépistage d’alcoolémie ou de stupéfiants, ainsi que toute autre opposition à un contrôle effectué par les forces de l’ordre sur la voie publique. L’augmentation globale de 9 % résulte donc d’une combinaison de plusieurs types de comportements, mais ce sont bien les refus d’obtempérer, et notamment leurs formes les plus graves, qui pèsent le plus dans la dynamique haussière.
Un lien avec le durcissement des contrôles
Parallèlement, les autorités ont intensifié les opérations de contrôle sur le réseau routier. Les forces de l’ordre ont ciblé en priorité certaines infractions connexes, comme le défaut de permis de conduire ou l’absence d’assurance. Cette augmentation des vérifications pourrait expliquer en partie la hausse du nombre de délits constatés, puisque davantage de situations de refus sont susceptibles d’être détectées. Le rapport ne permet toutefois pas de déterminer dans quelle mesure l’évolution des pratiques des automobilistes ou celle des contrôles contribuent respectivement à la progression des chiffres.