Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn et figure clé de la Silicon Valley, ne se présentera pas à sa réélection au conseil d'administration de Microsoft cette année. La décision a été officialisée dans un document réglementaire publié vendredi par le groupe technologique.

L'homme de 58 ans a joué un rôle déterminant dans la construction du partenariat entre Microsoft et OpenAI, l'organisme de recherche en intelligence artificielle à l'origine de ChatGPT. Son départ intervient alors qu'il souhaite se consacrer pleinement à une nouvelle entreprise, cofondée par ses soins, qui développe des applications d'intelligence artificielle pour améliorer les traitements contre le cancer.

Lors d'un entretien diffusé vendredi sur un podcast avec Satya Nadella, le directeur général de Microsoft, Hoffman a confié que siéger au conseil d'administration avait été « un immense honneur et un grand plaisir ». Il a expliqué que sa jeune pousse connaissait des progrès remarquables dans l'utilisation de l'IA pour lutter contre le cancer, justifiant sa volonté de passer en « mode fondateur ». « Vous allez vraiment nous manquer au conseil d'administration de Microsoft », lui a répondu Satya Nadella.

Un départ sans opposition

Le document réglementaire de Microsoft remercie Reid Hoffman pour ses années de service et précise que sa décision « ne résulte d'aucun désaccord avec la direction sur quelque question que ce soit relative aux opérations, aux politiques ou aux pratiques de la société ». Il conservera son poste jusqu'à l'assemblée générale annuelle, qui se tient généralement en décembre. La société n'a pas souhaité faire d'autre commentaire.

Une porte-parole de Reid Hoffman a indiqué qu'il était en déplacement et ne pouvait s'exprimer davantage.

Un parcours marqué par des liens controversés

Au-delà de son rôle de pont entre Microsoft et OpenAI, la présence de Reid Hoffman au sein du conseil d'administration n'était pas sans susciter des interrogations. Ses investissements dans de nombreuses start-ups créaient des situations de conflit d'intérêts financiers. Surtout, ses liens avec le financier et délinquant sexuel Jeffrey Epstein, qui ont perduré jusqu'à quelques mois avant la seconde arrestation de ce dernier, ont exposé le dirigeant à des critiques répétées.

Son départ marque la fin d'une ère pour Microsoft, où il incarnait un lien direct avec l'écosystème des jeunes pousses technologiques et le monde de l'intelligence artificielle. Il se consacre désormais à un nouveau défi entrepreneurial dans le domaine de la santé.