Le gestionnaire d’actifs Blue Owl a annoncé la mise en place de plafonds de rachat pour deux de ses fonds de prêts directs (BDC), après avoir enregistré des demandes de sortie représentant respectivement 19 % et 38 % de leurs actifs. Cette décision, prise pour préserver la liquidité des portefeuilles, intervient dans un contexte de vigilance accrue des investisseurs sur le secteur du crédit privé.

Les fonds concernés, qui n’ont pas été nommés dans le détail, sont des véhicules d’investissement non cotés proposant une exposition à des prêts consentis à des entreprises. Les demandes de rachat déposées par les investisseurs ont largement dépassé les seuils habituels, poussant la direction à activer des mécanismes de limitation des retraits. En pratique, les souscripteurs ne pourront pas récupérer la totalité de leur mise dans l’immédiat, les fonds étalant les sorties sur plusieurs trimestres.

Un précédent dans le secteur

Ce n’est pas la première alerte sur le marché du crédit privé ces dernières semaines. D’autres grands gestionnaires ont connu des épisodes similaires, confirmant une tendance au désengagement de certains investisseurs. Les craintes liées à la valorisation des actifs non liquides, couplées à un environnement de taux d’intérêt toujours élevé, incitent les clients à revoir leurs allocations.

Les BDC de Blue Owl sont parmi les plus importants du secteur. Le fait que deux d’entre eux aient reçu des demandes de sortie aussi élevées – 19 % pour l’un, 38 % pour l’autre – soulève des interrogations sur la stabilité de ce type de financement. Sans être un retrait massif simultané, ces pourcentages constituent un signal fort pour les gestionnaires d’actifs.

Mécanismes de protection activés

Blue Owl a précisé que les plafonds de rachat (caps) avaient été mis en place conformément aux règlements des fonds. Ces clauses permettent de gérer les sorties de manière ordonnée et d’éviter une vente forcée d’actifs à des conditions défavorables. Les investisseurs qui souhaitaient se retirer devront patienter, les fonds procédant par tranches trimestrielles, comme le permet la documentation juridique.

Les analystes suivent de près l’évolution des remboursements dans le crédit privé, un marché qui a connu une croissance explosive ces dernières années. Les épisodes de tension comme celui-ci pourraient inciter les régulateurs à examiner plus attentivement les pratiques des fonds non cotés.

Conséquences pour le marché

Les mesures de Blue Owl montrent que même les acteurs les mieux capitalisés ne sont pas à l’abri d’un mouvement soudain de retrait. Les investisseurs institutionnels, qui constituent la majorité des souscripteurs de ces fonds, sont de plus en plus sensibles à la liquidité. Le fait que deux véhicules de la même société aient été touchés simultanément pourrait entraîner une réévaluation des risques par l’ensemble du secteur.

La société n’a pas communiqué de calendrier précis pour la levée des restrictions. Elle a indiqué que les plafonds resteront en vigueur tant que les demandes de rachat excéderont les niveaux que les fonds peuvent absorber sans perturber leur stratégie d’investissement.