Une réunion de haut niveau à la périphérie de la base
Le général Francis Donovan, qui dirige les forces américaines chargées de l'Amérique latine, a rencontré le général cubain Roberto Legra Sotolongo à la lisière de la base navale américaine de Guantanamo. L'entretien, qualifié d'« échange bref sur les questions de sécurité opérationnelle » par le commandement sud des États-Unis, a été confirmé par les deux parties. L'armée cubaine a indiqué sur Facebook que « les deux délégations évaluent positivement la réunion où ont été abordés les sujets liés à la sécurité autour du périmètre de séparation de l'enclave militaire », et qu'elles sont convenues de maintenir une communication entre leurs commandements.
Un contexte de pression américaine accrue
Cette rencontre intervient alors que la Maison-Blanche multiplie les mesures de rétorsion contre le régime cubain. Donald Trump avait prévenu que Cuba serait « la prochaine » après la capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro lors d'un raid américain en janvier. Depuis, l'administration a imposé un blocus pétrolier, déployé des navires de guerre dans les Caraïbes et inculpé l'ancien président cubain Raúl Castro pour meurtre dans une affaire fédérale. Parallèlement, des informations récentes évoquent la possibilité que La Havane envisage des frappes de drones contre la base américaine en cas d'attaque.
Un symbole de la relation bilatérale
La base navale de Guantanamo, située sur la côte sud-est de Cuba à environ 700 kilomètres de Miami, est un vestige de la guerre froide et un point de friction permanent entre les deux pays. Tristement célèbre pour les abus commis contre des suspects de terrorisme détenus après les attentats du 11 septembre 2001, elle demeure sous souveraineté américaine malgré des décennies de tensions avec les dirigeants socialistes cubains. La rencontre entre les deux généraux, bien que limitée à des questions opérationnelles, constitue un contact rare à un moment où la rhétorique des deux côtés se durcit.
Des précédents de communication militaire
Des échanges de ce type se sont déjà produits par le passé, mais leur fréquence a diminué avec la détérioration des relations diplomatiques. Le commandement sud des États-Unis a précisé que Donovan avait également procédé à une évaluation de la sécurité du périmètre et discuté de la protection des soldats américains ainsi que de l'état de préparation opérationnelle. De son côté, Cuba a insisté sur l'importance de maintenir des canaux de communication pour éviter les incidents.
Perspectives
Aucune annonce de suivi immédiat n'a été faite, mais l'engagement mutuel à rester en contact suggère que les deux armées cherchent à gérer les risques d'escalade. La situation demeure tendue, d'autant que le président Trump a promis de durcir encore sa politique envers Cuba.